Nestlé Waters : Vergèze-Fos en train, juste retour aux sources pour Perrier

Nestlé Waters a inauguré, le 17 octobre 2018, un service ferroviaire régulier entre l’usine Perrier de Vergèze et le port de Fos-sur-Mer. Cette ligne d’une centaine de kilomètres avait été délaissée depuis l’arrêt du wagon isolé par SNCF Réseau en 2007. Depuis le 7 septembre, Perrier revient en force sur le rail annonçant un volume de 13.500 conteneurs chaque année ce qui équivaut à 27.000 trajets en moins de poids lourds sur l’A9.

Avec de l’eau sur le rail, moins de CO2 dans l’air… Démonstration a été faite le 17 octobre dernier à Vergèze où se trouve la source et l’usine d’embouteillage de Perrier. Au terme de deux années de travail autour du projet baptisé "Ballast", Nestlé Waters a vu enfin se concrétiser la mise en place d’un service ferroviaire à haut cadencement entre Vergèze et Fos.  
Ce service porte sur la circulation d’un train par jour cinq fois par semaine. "La remise en service de cette ligne datant de 1908 est un élément-clé de la réussite de Perrier Cap 2020, c’est l’un des plus gros projets industriels de Nestlé Waters dans le monde avec plus de 200 millions d'euros d’investissements dans les nouvelles technologies, la création de nouvelles lignes d’embouteillage et une nouvelle plateforme logistique", précise Henrick Gottenbarm, président de Nestlé Waters Europe.  

"Un train par jour cinq fois par semaine"

Ce train de 54 conteneurs à motricité électrique évite 27.000 allers-retours de poids lourds sur l’autoroute A9. Un report modal qui permet, selon les calculs de Perrier, de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 25.000 tonnes équivalent CO2 par an.
Malgré la faible distance, 100 km, Jean-François Lagane, responsable transport ferroviaire, chargé du projet, assure que le coût de ce transport équivaut à un acheminement par la route et ce à deux conditions. "Pour être pertinente, cette ligne doit générer de gros volumes et être fiable", ajoute-t-il. Et pour le coup, les volumes sont au rendez-vous !
Depuis 2014, la production a bondi de 40 % et devrait s’établir à 1,6 milliard d’unités (bouteilles, canettes…) en 2018 pour atteindre les 2 milliards en 2020. 

"27.000 allers-retours retirés de l’A9"

Avec ses 2.400 tonnes, ce train, le plus lourd de France, est tracté par Régiorail, sélectionné au terme d’un appel d’offres auquel l’essentiel des opérateurs ferroviaires ont répondu (RDT 13, Fret SNCF, Europorte, VFLI et ECR). "Nous avons choisi Regiorail pour la bonne appréhension de nos besoins, ils proposent des solutions flexibles et innovantes. Ils effectuent une traction électrique sur 80 km", explique Jean-François Lagane. Le pilotage des flux est assuré par Bolloré Logistics, partenaire historique de Perrier.
L’installation terminale embranchée (ITE) de Perrier située sur les 60 hectares de l’usine a été entièrement rénovée permettant aux équipes de la société Combronde de composer un train long de 750 mètres sur lequel sont posés 54 conteneurs 40 pieds high cube. "30 sont destinés à Seayard et 25 à Eurofos", précise Thibaut San Galli, responsable transport maritime de Nestlé Waters. Autrement dit, Perrier répartit la totalité de ses volumes entre les armateurs MSC, Maersk, CMA CGM et Hapag-Lloyd. Quatre compagnies pour une seule et même destination : les États-Unis. À bord de chaque train qui arrive sur les terminaux de Fos, un million de litres d’eau pétillante destinée à Nestlé Waters America qui alimente à la fois l’Amérique du Nord et le Canada. "Sur les 90 conteneurs produits par jour, 70 sont destinés aux États-Unis et 54 sont acheminés par le fer", précise Jean-François Lagane.
D’autres évolutions pourraient intervenir dans les mois qui viennent concernant à la fois Perrier et d’autres chargeurs clients du port. La part des pré et post-acheminements ferroviaires qui a progressé de 14 % en 2017 devrait continuer sur sa lancée. Pour fluidifier les trafics ferroviaires dans les bassins Ouest, Marseille-Fos a nommé un coordinateur et organise tous les deux mois des ateliers de concertation ferroviaire.