Norlink : l’innovation au service du ferroviaire

04/06/2021 Érick Demangeon

Le réseau ferré et les matériels roulants existants possèdent des gisements de productivité et d’optimisation selon Norlink et i-Trans. L’association et le pôle de compétitivité encouragent le fret ferroviaire à innover.

D’ici 2030, l’Europe ambitionne de doubler la part de marché du rail dans le transport de marchandises de ses États membres par rapport à 2020. En France, la part du ferroviaire devrait passer de 9 à 18 %. "Cette progression se fera avec l’infrastructure existante. Le fret ferroviaire doit donc se réinventer et innover pour doubler ses trafics", s’accordent à dire les intervenants du webinaire organisé le 1er juin par l’association Norlink et le pôle de compétitivité i-Trans.

Plusieurs innovations ont été présentées à différentes échelles de temps. À court terme, l’utilisation de trains longs et lourds "apporte des gains de compétitivité et des optimisations de sillons immédiats", assure Armand Toubol. "Les tests menés avec ArcelorMittal le confirment : l’augmentation de la capacité des trains de 4.500 à 6.500 tonnes est possible avec les matériels existants". Le dirigeant de Newopera souhaite aussi "limiter la vitesse des trains de fret autour de 100 km/h pour optimiser les coûts d’entretien des wagons et des voies, ainsi que les sillons disponibles".

Outils numériques de mise en relation

Les innovations accessibles immédiatement sont également numériques. Elles visent notamment à rapprocher l’offre de la demande de fret ferroviaire dans un environnement multimodal. Tel est le cas de la plateforme Cloud MyModalOne. "Il s’agit d’une tour de contrôle numérique pour suivre et piloter les flux de marchandises et les informations associées, explique Olivier Maurel de McLedger MyModalOne met en relation tous les acteurs d’une chaîne de transport multimodal afin de mutualiser les capacités et de fournir une traçabilité de bout en bout".

"Les trains longs et lourds apportent des gains de compétitivité et des optimisations de sillons immédiats"

Autre plateforme numérique multimodale valorisée par Norlink et i-Trans : Click2Rail. "Elle identifie les capacités résiduelles sur les services de fret ferroviaire et permet de les réserver, indique sa responsable Anastasia Dyakonova. Une autre fonctionnalité de Click2Rail consiste à optimiser les itinéraires en termes de coûts et d’émissions carbone.

Automatisation des process

Par la voix d’Abdelkrim Tallalout, l’Institut de recherche Railenium a confirmé la perspective de circulation du premier train autonome sur le réseau national d’ici 2023. Cette innovation vise "à optimiser les fréquences, la régularité et la fluidité des circulations sur le réseau". Dans le cadre du Predit, la start-up RSR Cargo a dévoilé de son côté un nouveau système de chantier combiné automatisé qui : "s’appuie sur trois piliers : des wagons motorisés, des AGV capables de charger et de décharger des trains en quinze minutes et un système d’information supervisant l’ensemble des opérations". Ces chantiers automatisés seraient aménagés le long des voies du réseau ferré afin de limiter les manœuvres. "Leur coût d’aménagement et d’exploitation serait très inférieur à un chantier classique", assure Michel Julien à la tête de RSR Cargo.