Norwegian s'est enfoncé davantage l'an dernier

01/03/2021 AFP

La compagnie aérienne à bas coûts Norwegian Air Shuttle, en lutte pour sa survie, a essuyé en 2020 la plus lourde perte de son histoire du fait de la pandémie de Covid-19 et d'énormes dépréciations d'actifs.

Actuellement sous la protection des lois irlandaise et norvégienne sur les faillites, la low cost a accusé l'an dernier une perte nette de 23 milliards de couronnes (2,2 milliards d'euros), soit 15 fois celle enregistrée en 2019 (1,6 milliard de couronnes), a-t-elle indiqué.
Outre l'effondrement du trafic aérien dû à la crise sanitaire, la compagnie a, au quatrième trimestre, inscrit une gigantesque dépréciation de 12,8 milliards de couronnes en lien avec la réduction prévue de sa flotte.

Forte de 140 avions avant la Covid-19, celle-ci est passée à 131 appareils fin 2020 et doit être ramenée à 53 avions : cela suppose que Norwegian trouve preneur pour ses avions en surnombre, conclue des accords avec les sociétés de leasing et fasse une croix sur les sommes prépayées aux constructeurs pour ses commandes. Au bord du gouffre, elle cherche actuellement à obtenir de ses créanciers une réduction massive de sa dette et de ses engagements financiers, qu'elle veut ramener à environ 20 milliards de couronnes contre près de 67 milliards à la fin du troisième trimestre.
Son salut passe par une nette réduction de sa voilure : fini les activités long courrier où elle était pionnière dans le segment du low cost, elle compte désormais se concentrer sur le marché nordique, plus rentable.

80 % de trafic en moins

L'an dernier, Norwegian n'a transporté que 6,87 millions de passagers, une chute de 81 % par rapport à l'année précédente – et même de 92 % au quatrième trimestre –, et son chiffre d'affaires est tombé à 9,1 milliards contre 43,5 milliards.
"2020 a été une année exceptionnellement difficile pour le secteur aérien et pour Norwegian", a commenté son directeur général, Jacob Schram. "

Nous faisons aujourd'hui tout notre possible pour revenir sous la forme d'une compagnie aérienne financièrement plus sûre et compétitive", a-t-il dit. Si seulement une dizaine de ses avions volent aujourd'hui, la compagnie mise sur les progrès des campagnes de vaccination pour une reprise du trafic au cours du second semestre. Les plans de sauvegarde en cours en Irlande et en Norvège se déroulent normalement, a-t-elle.
En cas d'issue positive, la compagnie prévoit de lever au deuxième trimestre entre 4 et 5 milliards de couronnes. Après avoir retoqué un précédent plan de sauvetage, l'État norvégien s'est dit prêt à apporter 1,5 milliard.