Objectif OFP : plan d’actions de SNCF Réseau pour le fret ferroviaire

Temps fort des rencontres Objectif OFP le 15 novembre à Levallois-Perret, SNCF Réseau a présenté son plan d’actions pour le fret ferroviaire. Il combine des mesures déjà engagées et à venir autour d’un réseau fret haute qualité, les lignes capillaires, le gabarit, les voies de service et de nouveaux outils de gestion.

Les rencontres du fret ferroviaire et des OFP ont ponctué une année 2018 contrastée. "Éprouvante pour nos clients et nos entreprises en raison des mouvements sociaux de ce printemps mais aussi marquée par la mise en place d’un cadre législatif et économique profondément modifié", indique Jacques Chauvineau. Selon le président d’Objectif OFP organisateur de l’événement, ce nouvel environnement "fait du gestionnaire public du réseau ferré l’acteur socle du ferroviaire de demain. Les opérateurs ont tous besoin qu’il affirme et assume ce rôle, et qu’il le fasse en toute indépendance". Aussi l’intervention de SNCF Réseau sur l’avancée de ses travaux et de sa stratégie "Nouvel R" plaçant le client au cœur de ses missions était-elle attendue. Connu de tous, l’enjeu vise "à redonner confiance aux chargeurs, à faciliter le report modal" et donc "à améliorer la compétitivité du mode ferroviaire", rappelle Arnaud Sohier, son directeur commercial.

Actions engagées

Priorité est donnée au Réseau fret à haute qualité de service. "Il ne s’agit pas d’un réseau dédié mais du réseau structurant pour les circulations fret autour de 6.400 km, soit 23 % du réseau ferré où transitent près de 80 % des marchandises en trains/km". Sur ce "RFHQS", 2,5 milliards d’euros d’opérations de régénération sont programmés entre 2019 et 2026 et bénéficieront au fret. Objectif : "Offrir des sillons longs parcours de qualité et fermes et accroître la vitesse des circulations". En matière de gabarit, un groupe de travail (Coopere) a été créé le 6 novembre pour déployer à terme une offre capable de recevoir des remorques de 4 mètres de haut et de 2,6 mètres de large minimum sur des wagons standards.

"En baisse de près d’un point en 2017, la part de marché du fret ferroviaire s’établit à 9 % en France"

S’agissant des lignes capillaires, les moyens financiers portés par l’État, les collectivités territoriales, les chargeurs et SNCF Réseau ont permis d’engager un programme de rénovation de 110 millions d’euros entre 2015 et 2017. Sous convention de l’Afitf, 75 millions d’euros supplémentaires sont prévus entre 2018 et 2019. Grâce à ces investissements, 547 km de lignes capillaires auront été rénovées d’ici fin 2018, soit 50 % du linéaire jugé prioritaire. Plus de 80 % seront régénérés fin 2019 sauvegardant plus de 70 % des tonnages du réseau capillaire. En parallèle, ce dernier profite des nouvelles règles de gestion et de maintenance sous la forme de gestionnaires d’infrastructures conventionnés (GIC). Dans ce cadre, Socorail s’est vu attribuer quatre lignes, Sferis deux, Colas Rail trois et quatre nouvelles lignes seront proposées à des GIC en 2019.

Programme et outils à venir

Autre point noir du réseau ferré pour son utilisation fret, les voies de service vont faire l’objet d’un programme de modernisation. Après une hiérarchisation des priorités en cours avec les acteurs locaux, 20 millions d’euros par an pendant cinq ans seront engagés sur le budget de SNCF Réseau. En 2019 sont déjà prévus des chantiers à Hourcade, Hendaye, Tergnier, Gevrey, Sibelin et Miramas.
Au-delà, SNCF Réseau garantit la mise en œuvre de nouveaux outils pour la gestion du réseau ferré. "À l’horizon 2021, le nouvel outil de production horaire pour attribuer les capacités de circulation sera opérationnel", assure Arnaud Sohier. Sa mission : "améliorer la gestion de la capacité en ligne et en gare et optimiser le suivi des plans de transport en intégrant toutes les contraintes de disponibilité de l’infrastructure". Sa mise en service coïncidera avec le "programme de modernisation de la gestion opérationnelle des circulations". Déployé à partir de mi-2020, il vise à "améliorer la performance du système ferroviaire au service du client et mieux partager l’information avec les entreprises ferroviaires". Les effets attendus par ces outils sont "une meilleure prise en compte des attentes et contraintes du fret, des gains en régularité et en ponctualité" ainsi qu’en matière de "transparence et de traçabilité des données".