Plébiscités, les transporteurs routiers veulent répercuter leurs surcoûts

02/07/2020 Érick Demangeon

L’image des transporteurs routiers a évolué de façon positive avec la crise. Cette reconnaissance constatée auprès du grand public et des donneurs d’ordres a un coût. Les transporteurs devront le compenser par de nouvelles optimisations et des revalorisations tarifaires.

Les Français plébiscitent le transport routier de marchandises. Tel est le résultat du sondage réalisé par la Fédération nationale des transports routiers auprès du grand public. À 97 %, ils reconnaissent que le mode routier a joué "un rôle important" durant le confinement et la crise sanitaire. Plus de 80 % assurent que "son image s’est améliorée" et les trois-quarts considèrent qu’il s’agit d’un secteur "moderne, ouvert aux nouvelles technologies et performant en termes de ponctualité et de fiabilité".

« Les chargeurs attribuent une note de 4,1 sur 5 à leurs transporteurs routiers pour leur engagement lors de la crise sanitaire »
Cette perception positive est confirmée par les donneurs d’ordre des transporteurs routiers selon une autre enquête de Bp2r, le cabinet spécialiste de l’optimisation des transports. Ils leur attribuent la note de 4,1 sur 5 pour leur engagement durant le confinement et la crise sanitaire. Leurs solutions de tracking pour gérer les retards et les reports ainsi que les dispositifs de pilotage pour réagir aux perturbations de l’activité ont été appréciés. L’apport des plateformes collaboratives et surtout d’intermédiation ne font en revanche pas l'unanimité.
Face au risque de défaillance, une large majorité de chargeurs (61 %) se déclare prête à accepter d’éventuels surcoûts ponctuels et à s’engager sur des contrats de long terme avec les transporteurs routiers. Une approche qui serait bienvenue, alors que seuls 28 % des donneurs d’ordres prévoient un retour de leurs volumes d'activité habituels à court terme. Le retour à la normale est espéré en septembre au mieux pour 30 % des sondés alors qu'un quart l’escompte d’ici à la fin de l’année.

Surcoûts à compenser

Enfin, la prise en compte par les clients des surcoûts imposés par la crise sanitaire aux transporteurs apparaît nécessaire au regard de la dernière évaluation réalisée par le Comité national routier. Selon le CNR, la fourniture des équipements de protection individuelle et les opérations de nettoyage des cabines et véhicules représentent "un coût de trois à 32 euros par jour et par véhicule, soit 0,5 à 6 % du prix de revient en fonction du type d’activité du transporteur". La moyenne s’élèverait autour de treize euros par jour et par véhicule, renchérissant les coûts de revient de 2,5 %.

TLF refuse de nouvelles taxes
"Déjà fortement engagée dans un process ambitieux de transition énergétique sur le moyen terme avec des objectifs clairs, chiffrés et validés par les pouvoirs publics, l’Union TLF s’opposera à toute nouvelle pression fiscale au détriment de la compétitivité et l’attractivité du secteur". Ce message clair a été délivré par les membres de l'association réunis en assemblée générale le 2 juillet.
TLF fait état d'un "choc violent" pour ses adhérents. Au plus fort de la crise, 53 % d'entre eux ont perdu la moitié de leur activité. 10 % ont subi un arrêt total. 82 % de ces entreprises du secteur du transport et de la logistique ont repris partiellement leur activité mais plus de la moitié d'entre elles déclarent avoir toujours des salariés en activité partielle alors que deux tiers de ces sociétés considèrent que les surcoûts liés au Covid-19 (équipements de protection individuelle et aménagement des locaux) ne sont pas du tout acceptés par les clients.
L'Union TLF appelle le gouvernement à "penser la transition énergétique du secteur en tenant compte de la réalité économique des entreprises". CG