Port de Bâle : les basses eaux font barrage au record

Parti au premier semestre pour réaliser un score historique, le port suisse de Bâle a finalement conclu 2018 par un recul significatif de près de 20 %, très largement imputable à l’impact du faible niveau du Rhin sur la navigation.

Les douaniers suisses n’ont pas arrêté les basses eaux. Au port de Bâle aussi, comme à Strasbourg ou Mulhouse, le niveau historiquement faible du fleuve a pénalisé le trafic de 2018. La direction de l’infrastructure rappelle que le seuil critique du Rhin à l’échelle de Kaub (moins de 80 cm) a été atteint l’an dernier autant de fois (soit 113 jours) qu’au cumul des années 2010 à 2017. "Alors que nous partions sur les bases d’un record de trafic à mi-année, nous avons terminé 2018 en recul, par l’effet des basses eaux persistantes durant tout le second semestre", souligne-t-elle.
Ainsi, les quantités transportées se situent en diminution annuelle de 19 % pour représenter 4,7 millions de tonnes. Les problèmes de navigabilité ont pesé défavorablement sur les produits agricoles et alimentaires dont le trafic a diminué de 7,8 %, à 723.250 tonnes, sur les produits chimiques de la puissante industrie locale (- 21 %, à 272.000 tonnes) et sur les produits métallurgiques. En chute de près de 32 %, à 243.750 tonnes, ces derniers n’ont chargé qu’à 25 % de leur niveau de 2017 durant l’automne dernier.

Graviers et conteneurs résistent

Un exercice en baisse caractérise aussi le principal poste du port helvétique :  les produits pétroliers en provenance de la mer du Nord. Ils ont reculé de 31 %, à 1,8 million de tonnes. La navigation du Rhin a exercé son impact, mais les responsables bâlois reconnaissent également une tendance structurelle à la diminution, du fait du remplacement par de nouvelles énergies. Toutefois, ils prévoient que les pétroliers occuperont encore longtemps une part prépondérante, du fait des diminutions de capacité de raffinage internes à la Suisse.

"Les conteneurs, à 119.100 EVP, viennent frôler le record de 2018"

Au milieu de ces "moins", les graviers et matériaux de construction se distinguent en préservant une progression de près de 10 % (total : 970.000 tonnes). Le secteur du BTP en reste demandeur, notamment pour des matériaux recyclés, si bien que ce poste a pu conserver une partie du bénéfice de son excellent premier semestre.
Les conteneurs ont également limité les dégâts. Ils sont presque stables (- 0,1 %). Leur total de 119.100 EVP vient donc frôler le record de 2018. Cette activité avait bondi de quelque 50 % au premier semestre, signe du dynamisme de l’économie suisse. Mais ensuite, les basses eaux ont provoqué des chutes mensuelles spectaculaires, de 42 à 63 % entre octobre à décembre 2018. Pour relativiser la comparaison toutefois, le quatrième trimestre de l’année précédente avait connu des performances exceptionnelles, du fait du report temporaire des flux ferroviaires alors bloqués par l’incident de Rastatt sur le chantier de la ligne Karlsruhe-Bâle.