Port de Bâle : un printemps florissant

25/08/2021 Mathieu Noyer

Les bonnes performances du second trimestre ont permis à l’infrastructure suisse de Bâle de terminer le semestre en légère hausse de trafic.

Le printemps 2021 a été fructueux pour le port de Bâle. Il lui a permis de terminer la première moitié de l’année sur des chiffres positifs. L’infrastructure suisse a enregistré une croissance de trafic de 3,3 % au 30 juin, soit un total de 2,8 millions de tonnes. Le niveau élevé des volumes transportés d’avril à juin, favorisé par la bonne navigabilité du Rhin, a plus que compensé le recul de près de 3 % qui avait été subi au premier trimestre sous l’effet en particulier du blocage du canal de Suez en mars et de trop hautes eaux en février. Ce scénario "souligne le caractère irremplaçable du fret fluvial pour l’approvisionnement de la Suisse, qui ne peut globalement être reporté sur d’autres modes en cas de problème", analyse la direction du port.
Comme souvent à Bâle, le trafic très dominant des produits pétroliers a exercé l’impact principal sur l’évolution globale. Sa croissance semestrielle de 3,4 % (total de 1,3 million de tonnes) illustre la reprise de la consommation qui avait été rendue atone début 2020 par le déclenchement de la crise sanitaire. Le port s’attend à un coup de booster supplémentaire à la fin de cette année : la hausse de la taxe sur le fioul en Suisse au 1er janvier 2022 entraînera probablement un afflux de demandes avant l’échéance, comme cela s’était produit lors de la précédente augmentation.

Haut niveau des conteneurs

Les produits agricoles s’affichent également en légère progression de 2 %, à 356.000 tonnes. Le regain de vigueur post-Covid de l’économie suisse s’exprime dans la croissance forte des trafics de produits métallurgiques (+ 87 %, 191.000 tonnes) et dans celle des objets manufacturés (+ 10,5 %, soit 259.000 tonnes), mais pas encore dans les graviers/matériaux de construction qui demeurent en recul de près de 8 %, à 480.000 tonnes.  Quant au poumon économique que constitue la chimie bâloise, ses exportations ont rebondi de près de 20 % mais les importations ont diminué de 27 %, ce que le port attribue à des niveaux encore élevés de stocks de matières premières et intermédiaires.
La meilleure performance émane du conteneur : sa progression sur le semestre s’établit à 9,5 pour atteindre un volume de 61.450 EVP qui le ramène dans son meilleur niveau historique. Les boîtes vides y contribuent en premier lieu avec une augmentation semestrielle de 22 % (soit 18.200 EVP) soulignant leur rôle de « régulation des dépôts » selon le port bâlois. Mais les sorties des conteneurs pleins ne sont pas en reste, avec un rebond de 10 % (21.600 EVP).