Port de Bâle : un rebond de 30 % en 2019

Le port suisse de Bâle a approché les meilleurs scores de son histoire l’an dernier, en contraste avec l’année 2018 pénalisée par les basses eaux du Rhin. Il ne se hasarde pas à affirmer que l’embellie sera durable.

Épargné par les basses eaux contrairement à 2018, le trafic du port de Bâle est revenu l’an dernier à proximité de ses meilleures performances historiques. Le total de 6,1 millions de tonnes qu’a enregistré l’infrastructure suisse marque une augmentation de 29 % en un an, avec des pointes de croissance de 65 % à… 110 % entre les mois d’août et novembre par rapport à la même période en 2018, lorsque la navigation du Rhin tournait à très faible régime. Il faut remonter à 2015 pour trouver trace d’un bilan supérieur.
Le poste dominant, celui des produits pétroliers, a connu une croissance annuelle de 56 %, dopée par les bonnes conditions de navigation et un arrêt momentané pour maintenance de l’unique raffinerie intérieure suisse. La direction du port bâlois se déclare consciente que "l’ère du bas carbone peut changer la donne à terme", mais elle se montre confiante sur la capacité de ce trafic à maintenir un haut niveau (2,8 millions de tonnes en 2019), d’autant plus que "la création d’une autre raffinerie intérieure n’est pas du tout à l’ordre du jour". Autres vecteurs de hausse, les graviers et autres matériaux de construction ont confirmé leur bonne santé constatée depuis plusieurs années, en progressant de 13 %, à 1,1 million de tonnes, de même que les produits chimiques (+ 41 %, soit 384.000 tonnes) qui ont rattrapé les volumes restés en rade l’an dernier à cause des basses eaux. Les produits agricoles et alimentaires, par contre, affichent un léger recul de 1,5 %, à 713.000 tonnes, par l’effet notamment d’arbitrages en faveur d’approvisionnement par la voie terrestre en provenance d’Europe de l’Est.

"Des conteneurs freinés par la guerre commerciale"

Les conteneurs, de leur côté, ont enregistré une légère hausse de 1,9 % pour totaliser 121.370 EVP fluviaux l’an dernier. Ils avaient bien mieux résisté en 2018 que le vrac. De plus, les tensions sur le commerce mondial ont freiné leur activité. Les conteneurs pleins, qui la reflètent le mieux, s’affichent d’ailleurs en baisse de 1,2 % (total : 84.500 EVP), ce sont donc les vides qui génèrent l’augmentation globale. En chiffres absolus, "le volume est comparable à ceux de 2014 et 2015 et reste en retrait de 2016 et 2017, année record à 137.500 EVP", indique la direction du port. Mais elle reste prudente quant à l’éventualité d’une nouvelle hausse cette année, "elle dépendra de la situation économique mondiale", marquée par les tensions commerciales.

Feu vert au nouveau bassin

Le port voit par ailleurs une étape se franchir dans son plan de développement pour les conteneurs. Le 12 février, le canton de Bâle-ville a voté sa contribution de 115 millions de francs suisses (108 millions d’euros) à la création d’un nouveau bassin portuaire, le Hafenbecken 3, représentant 75 % de l’investissement. Cette infrastructure est conçue pour desservir, à partir de fin 2023, un nouveau terminal multimodal, le Gateway Basel Nord, qui a été attribué à un groupement entre les CFF (chemins de fer), Hupac et Contargo (groupe Rhenus). Mais ce projet d’une capacité prévue de 240.000 EVP au départ et 390.000 EVP à terme doit franchir les obstacles d’oppositions, dont celle de l’opérateur concurrent Swissterminal qui a déposé un recours en justice.