Port de Mulhouse : une nouvelle société d'exploitation

10/05/2021 Mathieu Noyer

La création de la Sem pour la gestion et le développement des infrastructures du port rhénan a été votée. La société publique-privée associe Swissterminal avec les ports de Marseille et du Havre.

Les Ports de Mulhouse-Rhin (PMR) ont scellé leur nouvel avenir pour trente ans le 4 mai dernier. Leur nouveau concédant le SMO (syndicat mixte ouvert) des Ports du Sud-Alsace a entériné la création de la société d’exploitation, la Semop (société d’économie mixte à opération unique) Euro Rhein Ports dont l’acteur opérationnel sera Swissterminal. 

Préparé de longue date, le projet se structure en lien avec l’opérateur suisse de conteneurs, lui-même filiale de DP World. Il détient la quasi-totalité du capital d’Alsaceteam, la société privée qui constituera l’opérateur économique et possédera 39 % du capital de la Semop aux côtés de la Banque des territoires (10 %) et du SMO majoritaire (51 %) réunissant VNF, la région Grand Est, les communautés d’agglomération de Mulhouse et de Saint-Louis et la CCI Alsace Eurométropole.

Un point de captage des flux parcourant les grands axes européens

Alsaceteam complète son capital (5 % chacun) avec le Grand Port maritime de Marseille et celui du Havre (Haropa). Ce tour de table donne corps à l’ambition des Ports de Mulhouse-Rhin de devenir un point de captage important des flux parcourant les grands axes européens. Swissterminal leur attribuera une partie du trafic de conteneurs qu’il développera en synergie avec son terminal proche à Bâle qu’il exploite jusqu’en 2029. 

Il pourra ensuite ainsi transférer son activité sur la rive française du Rhin. Le développement de nouveaux services fluviaux vers Rotterdam et Anvers est visé, de même que des services de manutention qui seront assurés par Alsaceterminal, filiale à 100 % de Swissterminal. Avec Marseille et Le Havre, ce sont les liaisons ferroviaires qui souhaitent être développées, un domaine marqué par plusieurs tentatives avortées par le passé à Mulhouse.

Un nouveau terminal vrac et conteneurs

 La Semop démarrera son activité en juillet après l’obtention du dernier feu vert de Bruxelles. Pour se donner les moyens de ses ambitions, elle engagera 26,5 millions d’euros d’investissements sur les cinq premières années de la concession de trente ans. Financée par fonds propres (dont un capital de 3,13 millions d’euros), un emprunt bancaire et des subventions (9 millions d’euros), l’enveloppe sera affectée pour près de la moitié de son montant à la construction d’un nouveau terminal bi-activité à Village-Neuf : du vrac dès cette année, et du conteneur à partir de 2025 selon un volume annuel initial de 13.000 EVP puis une montée en puissance à 30.000 EVP en fin de concession. 

"Nous anticipons le goulet d’étranglement sur les corridors Mer du Nord-Méditerranée et Rhin-Alpes", indique Marc Buchert, président du SMO. De quoi doper le conteneur, qui se situe actuellement à 30.000 EVP fluviaux sur le terminal d’Ottmarsheim, pour un trafic total des PMR de 4 à 5 millions de tonnes. Le programme d’investissement comprend également un terminal ferroviaire Ottmarsheim (5 millions), la réhabilitation de 30 000 m2 d’entrepôts ou encore l’aménagement de nouvelles zones pour le hub vraquier du site de l’Ile-Napoléon.

"Transfrontalier, tourné vers l’international, intermodal, le projet a tout pour réussir", estime Gilbert Stimpflin, sa cheville ouvrière au sein de la CCI, élu premier président d’Euro Rhein Ports.