Port de Strasbourg : la Bourse ferroviaire prend du galon

La quatrième édition du rendez-vous local des opérateurs ferroviaires a fourni l’occasion d’exposés d’envergure internationale et d’une mise à jour de la stratégie ferrée du port strasbourgeois.

C’est confirmé, la Bourse ferroviaire au port de Strasbourg s’est fait sa place dans le paysage régional du transport. Sa quatrième édition, tenue le 15 mai, a rassemblé environ 150 représentants du commissariat du transport et des chargeurs, à la satisfaction de ses co-organisateurs, le Groupement des usagers des ports de Strasbourg (GUP) et l’Acuta (Association des chargeurs et utilisateurs de transport en Alsace). Le fait que la manifestation se déroule depuis deux ans avec le soutien officiel du Port autonome contribue aussi à sa montée en puissance. Cette session 2018 a apporté à ses participants une vision élargie des mutations du transport, notamment par les exposés du consul général de Chine à Strasbourg sur la Route de la Soie, et celui du port de Duisbourg, débouché occidental du projet chinois, sur ses propres développements.

Mieux tirer parti des corridors de fret

Quant au Port autonome de Strasbourg (PAS), il a rappelé les axes de sa stratégie ferroviaire. Ils peuvent se résumer dans cette expression de son directeur général délégué, Frédéric Doisy : "Passer à 360 degrés". Bien en résonance avec les présentations à l’échelle internationale qui ont précédé, le responsable du port strasbourgeois a pu en effet souligner combien il manquait à celui-ci une authentique ouverture vers l’est et le sud de l’Europe, alors qu’il offre 9 (et bientôt 10) navettes ferroviaires de conteneurs chaque semaine vers Rotterdam ou Anvers. "Nous sommes la seule agglomération à la croisée de quatre corridors de fret européens, mais sans exploiter aujourd’hui son positionnement sur les corridors Atlantique et Rhin-Main-Danube", a-t-il relevé. À partir de ce constat, l’amélioration de l’accessibilité ferroviaire vers l’Allemagne demeure plus que jamais la priorité du Port autonome (PAS).

"Cette année, le Port autonome modernise la gare de triage"

Celui-ci poursuit ses investissements pour l’infrastructure ferroviaire. Outre 1,6 million d’euros pour la maintenance du réseau (soit 15 % de son budget d’entretien), il a consacré l’an dernier plus de 3 millions d’euros à la rénovation de son emblématique pont-tournant et à l’amélioration dans la rue du port du Rhin (automatisation des passages à niveau, sécurisation du franchissement des voies), sans compter la création du terminal multimodal de Lauterbourg. Cette année, il modernise la gare de triage à Strasbourg, "dans la perspective d’une hausse durable du nombre de trains à y accueillir", selon Frédéric Doisy.

105 km de réseau

Le PAS est en effet convaincu qu’il pourra rééditer et dépasser à l’avenir la performance de 2018 (1,3 million de tonnes traitées par 6.000 trains au moyen de 25.000 manœuvres) qui a été favorisée par les basses eaux. "Il faudra ajuster en conséquence les capacités de manutention. Les réflexions sont en cours, sans se poser d’interdits, y compris la création d’une plateforme ferroviaire dédiée d’envergure européenne", a déclaré le directeur général délégué. Pour son réseau de 105 km parcouru de 16 ITE (installations terminales embranchées), l’établissement strasbourgeois vient d’adopter le régime des voies ferrées portuaires, pour application à la mi-juin.