Port de Strasbourg : une gestion des droits venue de l’Atlantique

L’établissement strasbourgeois adopte le système informatique portuaire (SIP) du port de Bordeaux, première déclinaison au fluvial de l’outil conçu pour le maritime.

Le Port autonome de Strasbourg change de système informatique portuaire (SIP). En adoptant le "VIGIEsip" de Bordeaux Port Atlantique depuis le début de l’année, il permet à ses usagers de gagner du temps dans leurs démarches administratives, en même temps qu’il réalise une première : la déclinaison au transport fluvial de cet outil de déclaration des droits conçu pour le maritime. L’infrastructure bordelaise a en effet remporté le marché qu’avait lancé en 2017 l’établissement strasbourgeois, désireux de remplacer son logiciel interne en vigueur depuis une vingtaine d’année. L’acquisition pour 130.000 euros comprend la licence de VIGIEsip et son adaptation au fluvial. "Celle-ci a revêtu deux aspects importants, correspondant aux spécificités de la voie d’eau intérieure par rapport au maritime : l’absence d’obligation d’annonce d’arrivée du bateau et la multitude d’escales", décrit Manfred Rausch, coordinateur du projet au Port autonome.

"Plus d’une centaine d’entreprises de la zone portuaire ont adopté VIGIEsip"

Pour la partie fret, l’outil organise de façon dématérialisée la relation à trois entre l’entreprise redevable des droits sur marchandises (DSM), les Douanes chargées de leur recouvrement et le Port autonome. L’arborescence, fort claire, fait se succéder les différentes étapes, sur un site web dédié en français, allemand et anglais. Le redevable choisit d’abord son lieu d’escale. Il renseigne les informations sur le client, la nature de la marchandise, son conditionnement, le port de déchargement et la destination finale à l’oversea. Il passe alors à la séquence "droits de port" où il remplit les éléments pour leur acquittement, générant l’édition de sa déclaration. Une fois celle-ci validée, l’étape "Bureau Douanes" indique l’attente de validation par cette administration. Quand la recette est validée, les informations passent au stade de la mise en archives sur le cloud. En parallèle, l’entreprise est informée par mail de l’avancement de la procédure, notamment au moment de l’encaissement des DSM.

Réservation possible plus d’un an à l’avance

Ce SIP génère également les statistiques de trafic. Il comprend une rubrique dédiée au transport de passagers qui se caractérise par le système de réservation des appontements des bateaux de croisière très en amont, plus d’un an à l’avance.
La procédure sans papier n’a pas tardé à séduire les entreprises de la zone portuaire, préalablement formées par les équipes du port : plus d’une centaine d’entre elles a adopté VIGIEsip. C’est en fait la quasi-totalité qui s’y est converti, à l’exception de deux cas particuliers sans doute temporaires. 

VIGIEsip équipe aujourd’hui quinze ports

VIGIEsip, outil informatique initialement conçu pour les ports maritimes, a été adapté aux ports fluviaux. Ce système informatique portuaire, développé par le Grand Port maritime de Bordeaux depuis le début des années 2000 dans le cadre d’un partenariat public-privé, est déjà utilisé dans de nombreux ports maritimes. Il équipe aujourd’hui quinze ports, réunis dans le groupement d’intérêt économique Vigie Ports : les cinq Grands Ports maritimes de Bordeaux, La Rochelle, Guadeloupe, Martinique et Guyane, ainsi que les dix ports décentralisés de Brest, Concarneau, Lorient, Roscoff, Saint-Brieuc, Saint-Malo, Bayonne, Port-la-Nouvelle, Sète et Port-Vendres.