Port du Havre : transition énergétique et grèves ont pesé sur le trafic 2019

Le trafic maritime du port du Havre a accusé l'an dernier une baisse de 7,3 %, à 67 millions de tonnes, sous l’effet du ralentissement des importations liées aux énergies carbonées ainsi que des grèves contre la réforme nationale des retraites.

Pour 2019, l’activité phare du port du Havre, le conteneur, affiche un recul de 3,5 % à 27,3 millions de tonnes et de 3,4 % à 2,8 millions d’EVP. Une baisse qui peut s’expliquer en partie par des raisons conjoncturelles : les mouvements sociaux liés à la réforme nationale des retraites ont fortement perturbé le port, depuis le 5 décembre, les opérations "ports morts" ayant ainsi entraîné l’annulation de 52 escales pour le seul mois de décembre, soit 50.000 EVP perdus. Le trafic de transbordement a aussi reculé, avec une baisse de 72.000 EVP par rapport à 2018, soit 9,5 %.

Hydrocarbures et charbon sur la sellette

Le recul du trafic maritime total de 7,3 % à 67 millions de tonnes vient essentiellement de la chute des volumes liés aux différentes énergies carbonées, pétrole et charbon, qui représentent "plus de 80 % de la baisse du trafic maritime global", selon Haropa.
Les vracs liquides ont ainsi reculé de 9 % à 36 millions de tonnes et les vracs solides de 10 % à 1,2 million de tonnes. Les raffineries Total de Gonfreville-l'Orcher et Exxon-Mobil à Port-Jérôme-sur-Seine, près du Havre, ont connu des arrêts techniques programmés pour maintenance, mais aussi dus à des événements ponctuels, comme l’incendie survenu mi-décembre sur le site de Total.
Par ailleurs, l’annonce par EDF de l’arrêt de la centrale thermique prévu pour 2021 entraînerait dès à présent un ralentissement des approvisionnements en charbon. Cette baisse qui devrait se poursuivre dans les années à venir, dans le cadre de la transition énergétique, "appelle l'ensemble portuaire à dynamiser les filières relais de croissance", a commenté Haropa.

Terminal roulier saturé

Le trafic roulier a lui aussi marqué un retrait : le port du Havre a traité 307.000 véhicules en 2019, soit 5,4 % de moins qu’en 2018. Haropa attribue ce ralentissement à la saturation de son terminal, les surfaces de stockage de véhicules ayant atteint un taux d’occupation de 100 %, tandis que l'évolution des demandes des opérateurs vers des travaux de finalisation et de customisation prolonge les durées de stockage. Le taux de remplissage aurait été par ailleurs fortement impacté par l’augmentation de l’activité import qui demande des durées de stockage de dix jours en moyenne.
Face à la demande, le port du Havre vise à réorganiser l’occupation de ses surfaces de stockage afin de gagner 7.000 places supplémentaires. Une extension de 20 hectares à l'est du terminal devrait permettre à terme de gagner 10.000 nouveaux emplacements.
Enfin, l’activité croisière a connu une baisse de 10 %, à 131 escales de paquebots, avec 355.000 passagers, soit un recul de 15 % par rapport à 2018. Seuls points positifs, la progression de 3 % du terminal multimodal, avec 158.000 EVP traités, et "la bonne tenue du trafic des conteneurs pleins à destination de l’hinterland", qui reste stable avec 1,7 million d’EVP.