Port du futur : la cyber-sécurité maritime et portuaire est en chantier

19/11/2020 Érick Demangeon

Le Centre national de coordination de la cyber-sécurité semble se préciser. Brest, Marseille, Le Havre et La Défense ont vocation à accueillir ses pôles d’expertise sous réserve de s’équiper en outils de pilotage et de supervision.

La mesure 46 du Comité interministériel de la Mer 2018 engage la France "à créer une commission cyber-sécurité et à préfigurer un centre national de coordination de la cyber-sécurité pour le maritime". L’avancement de cette mission, confiée au Comité France Maritime, coprésidé par le Secrétariat général de la mer et le Cluster Maritime Français (CMF), a été présenté le 17 novembre lors des assises Port du futur du Cerema. "Après la création du Conseil cyber du monde maritime (C2M2) par le Comité France maritime, nous allons doter le Centre national de coordination d’outils opérationnels", déclare Frédéric Moncany de Saint-Aignan, président du CMF.
Avec le concours de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi), ces outils auront plusieurs rôles précisés par le dirigeant : "surveiller les activités maritimes, détecter et faire traiter de façon efficace les cyber-attaques et cyber-incidents, enquêter et collecter les éléments de preuves liés aux menaces et cyber-attaques, gérer les situations de crise et améliorer la cyber-sécurité des systèmes d’information maritimes et portuaires".

Quatre pôles de compétence 

Relié aux territoires ultra-marins, le Centre national de coordination s’appuierait sur quatre sites chargés de concevoir et d’exploiter ses outils opérationnels. Brest hébergerait son système de pilotage (Computer Emergency Response Team – CERT) baptisé M-CERT ainsi que les outils de surveillance de la navigation maritime. 
Un "back-up" de sécurité du M-CERT serait à Marseille, chargé de la sécurisation des réseaux électriques et télécom. Quant à la sécurisation des systèmes d’information portuaires (CCS-PCS), elle serait traitée au Havre. La Défense accueillerait le système d’échanges des données et d’analyse des risques. "Le développement de ces outils et compétences sera mené avec les acteurs territoriaux", précise Frédéric Moncany de Saint-Aignan.
C'est pour animer et coordonner la mise en œuvre de ce plan d’ici fin 2021, que l’association France Cyber Maritime a été créée. Elle est présidée par Frédéric Moncany de Saint-Aignan et son siège est à Brest. Ses missions couvriront en priorité la conception du système de pilotage M-CERT ainsi que la formation et la sensibilisation des acteurs portuaires et maritimes à la cyber-sécurité à l’échelle nationale.