Ports de Mulhouse et Bâle : un redressement encore incomplet

Mulhouse et Bâle, les deux ports rhénans français et suisse, observent une relance du trafic vrac sur les neuf premiers mois de 2019, alors que le conteneur n’est pas encore revenu à ses performances d’avant les basses eaux.

À ports voisins, conditions comparables et résultats convergents. Les bilans respectifs de trafic sur neuf mois des ports de Mulhouse-Rhin et de Bâle, sur les rives française et suisse du fleuve européen, font apparaître un regain d’activité dans le vrac mais un recul persistant du conteneur fluvial, alors que l’été 2019 a été beaucoup plus favorable que le précédent en termes de navigabilité.
À Mulhouse, le trafic total enregistre une hausse de 5,8 % au cumul des trois premiers trimestres, pour se situer à 3,8 millions de tonnes. Pratiquement tous les postes sont en hausse, en particulier ceux des céréales et denrées alimentaires en progression de 12 %, à 1,03 million de tonnes, les produits chimiques (+ 5,2 % à 455.500 tonnes) et les engrais dont les statistiques fluctuent au gré des performances de l’usine Borealis au port d’Ottmarsheim (+ 27 %, 303.500 tonnes). Les activités dominantes, produits pétroliers et minéraux/graviers, présentent une stabilité sur neuf mois, à respectivement 908.000 et 703.000 tonnes.

"L’été 2019 a été beaucoup plus favorable que le précédent en termes de navigabilité"

À Bâle, le trafic de janvier à septembre a grimpé de 21 % pour atteindre 4,7 millions de tonnes. Le poste principal des produits pétroliers a bondi de 46 %, soit un total de 2,2 millions de tonnes, car il reste tiré par l’effet d’un arrêt momentané de la raffinerie intérieure suisse au printemps dernier. La direction du port relève aussi la progression des graviers (+ 10,5 %, 868.600 tonnes) et celle de la chimie-pharmacie, du fait de l’import (+ 34 %, 316.000 tonnes).

Effets de latence

Les activités de conteneurs par la voie d’eau, en revanche, restent orientées à la baisse de part et d’autre du Rhin. À Mulhouse, le recul représente 19,2 % – pour un total de 19.350 EVP – que ne compense que partiellement la route, en l’absence d’activité en ferroviaire, ce qui aboutit à un bilan tous modes de - 4,2 % (total : 54.300 EVP). À Bâle, le reflux est plus contenu : il représente 9,5 % pour un total de 93.100 EVP fluviaux mais il reste notable dans un contexte où la navigation des derniers mois a été épargnée par les basses eaux, contrairement à 2018. La direction du port en identifie différents facteurs : un report vers le ferroviaire qui s’est pérennisé pour certains chargeurs, l’effet de latence des contrats de long terme qui devraient rebasculer vers la voie d’eau à leur renouvellement, et l’environnement macro-économique mondial, à savoir les effets de la guerre commerciale entre États-Unis et Chine. Ils pèsent notamment sur l’industrie chimique et pharmaceutique bâloise, dont le terrain de jeu est planétaire.