Ports maritimes et ports intérieurs font front commun pour le rail

Les ports intérieurs de la Fepi et les ports maritimes de l’Espo exposent dans un document publié conjointement leur volonté de mieux intégrer les réseaux ferrés portuaires à la politique ferroviaire européenne.

L’Organisation des ports maritimes européens (Espo) et la Fédération européennes des ports intérieurs (Fepi) n’en sont pas à leur première collaboration. Dans un document commun publié au mois de novembre 2019, les deux lobbies portuaires européens expriment leur position quant à la prise en compte des enjeux du transport par voie d’eau dans la politique ferroviaire de l’Union européenne.
"Des améliorations majeures restent nécessaires pour assurer un transport ferroviaire efficace et durable dans l’arrière-pays", notent les deux organisations, qui rappellent que le règlement RTE-T de 2013 "impose aux États membres de veiller à ce que les ports intérieurs soient connectés aux infrastructures routières et ferroviaires. Bien que la majorité des ports intérieurs soient connectés au réseau ferroviaire, certains ports manquent toujours de connexions ferroviaires en raison du manque d'investissement, du désintérêt politique ou d'autres problèmes locaux".

"Un rôle essentiel dans la logistique du fret urbain"

Du côté des ports maritimes, la Fepi et l’Espo soulignent les efforts des autorités portuaires elles-mêmes pour améliorer la part modale du rail, mais ne peuvent que constater que les objectifs fixés en 2011 par la Commission européenne dans son Livre blanc sur les transports sont loin d’être atteints : "Il définit l'objectif de transférer 30 % du transport routier de marchandises au-delà de 300 km vers d'autres modes tels que le transport ferroviaire ou le transport par voie d'eau d'ici 2030, et plus de 50 % d'ici 2050. Avec une répartition modale actuelle de 17,4 % pour le transport ferroviaire et 6,2 % pour les voies de navigation intérieure (chiffre 2016, NDLR), l'objectif est loin d'être atteint. Les ports maritimes et intérieurs européens estiment que l’accent mis sur le transport longue distance est insuffisant. Particulièrement pour les distances inférieures à 300 km, les transports de marchandises entrant ou sortant de ports européens par chemin de fer ou par barge sont un moyen important de réduire la congestion et peuvent jouer un rôle essentiel dans la logistique du fret urbain".

Des spécificités portuaires

L’Espo et la Fepi recommandent que le Mécanisme pour l’interconnexion en Europe, à l’avenir, privilégie les connexions entre terminaux portuaires et les réseaux ferrés nationaux. Elles demandent aussi que la mise en œuvre de la réglementation ferroviaire européenne, aujourd’hui solide avec les quatre paquets ferroviaires, soit faite par chaque État de façon plus harmonisée, tout en prenant en compte les spécificités portuaires, par exemple en laissant chaque port libre du niveau de tarification de l’utilisation de son réseau ferroviaire.