Premier semestre plombé pour le port de Bâle

02/09/2020 Mathieu Noyer

L’infrastructure suisse a subi un recul de trafic de près de 16 % à fin juin, du fait de la crise sanitaire et des tensions commerciales États-Chine.

Le port suisse de Bâle sort d’un premier semestre difficile. La première moitié de 2020 souffre à la fois de la comparaison avec les performances de son homologue de 2019 et des effets du coronavirus. Elle affiche un recul de 15,7 %, aboutissant à un total de 2,7 millions de tonnes transportées. Porte d’entrée de la Suisse depuis Rotterdam, l’infrastructure pâtit en particulier de sa forte dépendance aux produits pétroliers. La crise sanitaire ayant fait chuter leur consommation, leurs importations ont significativement diminué, de 16,5 %, soit 1,26 million de tonnes.
Les autres trafics ont enregistré également des baisses, d’ampleur variable : les objets manufacturés ont le mieux résisté (- 4 %, total de de 234.000 tonnes) à l’inverse des produits métallurgiques qui se sont effondrés de 30 % (102.000 tonnes), dans le contexte des mises en suspens d’usines automobiles en France et en Italie et d’un ralentissement industriel en Suisse, expose la direction du port.
Quant aux produits chimiques, leur trafic a chuté de près de moitié (124.600 tonnes). Ceux pour la construction sont restés plus insensibles aux effets de la pandémie, mais leur activité a quand même diminué de 10 % pour s’afficher à 520.400 tonnes. Les céréales et autres produits alimentaires ont connu, eux, un second trimestre en croissance mais pas assez pour compenser leur recul au premier, d’où une diminution de 7 % au cumul des six mois, à 349.500 tonnes.

Indicateurs négatifs pour les conteneurs

Dans une Suisse à l’économie très ouverte, l’effet négatif de la crise sanitaire a été doublé de la tension commerciale persistante entre les États-Unis et la Chine, relève la direction du port bâlois. Ce contexte s’est fait ressentir sur le trafic de conteneurs, surtout en mai et en juin où il a baissé de respectivement 20,7 % et 16,6 % par rapport aux mêmes mois en 2019. Sur l’ensemble du semestre, la baisse atteint 11 %, pour un total de 56.100 EVP. Le port de Bâle ne se hasarde pas à un pronostic sur la deuxième partie de l’année : il surveille une éventuelle seconde vague de Covid-19, de même qu’un potentiel bas niveau du Rhin qui viendrait encore compliquer la donne.