Première perte depuis presque vingt ans pour Fraport

Le gestionnaire aéroportuaire allemand Fraport a essuyé au premier trimestre sa première perte nette depuis son introduction en Bourse en 2001.

Alors que le secteur aérien affronte avec le coronavirus une chute sans précédent, Fraport, le groupe aéroportuaire de Francfort, subit lui aussi le contrecoup de de la situation sanitaire. "Nous vivons la pire crise de l'histoire de l'aviation", a expliqué le patron du groupe Fraport, Stefan Schulte.
"Il n'y avait pratiquement pas de passagers à l'aéroport de Francfort au cours des six dernières semaines", ajoute-t-il.
Conséquence des restrictions de voyage imposées en raison de la pandémie, le nombre de passagers était en baisse de 62 % sur un an en mars dans le plus grand aéroport allemand, avec - 90 % pour la dernière semaine du mois et même - 97 % début avril.
Le chiffre d'affaires trimestriel a baissé de 17,8 % à 661 millions d'euros et le résultat net était de - 36 millions d'euros contre un bénéfice de 28 millions sur cette période en 2019.
L'ensemble des sociétés du groupe, à l'exception de l'aéroport de Lima au Pérou, ont affiché une perte sur cette période, indique Fraport, qui opère 31 aéroports dans le monde dont la première plaque tournante allemande, Francfort, avec quelque 70 millions de passagers annuels en temps normal.

Deux pistes fermées et un terminal inoccupé

À Francfort, plus de 18.000 des 22.000 employés de l'aéroport sont au chômage partiel; deux pistes ont été fermées et un terminal entier n'accueillera pas de passagers "jusqu'à nouvel ordre".
Côté réserves financières, Fraport "peut résister à la situation actuelle encore plusieurs mois si besoin" avec plus de 2,2 milliards d'euros en liquidités.
Hormis l'annonce d'un résultat négatif pour l'année 2020, le groupe n'a pas détaillé ses prévisions, en raison du "haut niveau d'incertitude" et s'attend simplement à une "forte baisse" de "tous les principaux indicateurs". "L'aviation continuera de jouer un rôle majeur pour la croissance économique sur le long terme", explique Stefan Schulte, mais "cela nous prendra certainement plusieurs années de revenir aux chiffres de passagers de 2019".