Quel avenir pour le "train des primeurs" ?

07/07/2020 AFP

Arrêté en juillet 2019, le convoi réfrigéré qui acheminait les fruits et légumes du Roussillon vers Rungis n'a pas été relancé, malgré les promesses.

Des élus de gauche et des agents SNCF se sont mobilisés lundi 6 juillet pour exiger du gouvernement et de la SNCF la remise en circulation du "train des primeurs" entre Perpignan et Rungis, arrêté depuis un an. "C'est une aberration écologique. Il vaut mieux un train que 50 camions sur les routes", plaide Jean-Christophe Sellin, conseiller régional (France insoumise) d'Occitanie.
Jusqu'en juillet 2019, le "train des primeurs", formé de wagons réfrigérés, transportait chaque nuit fruits et légumes produits dans les Pyrénées-Orientales vers le marché de Rungis. La cargaison transportée par les trains, jusqu'à trois par nuit, est désormais acheminée vers le marché de gros par des camions qui chargent les caisses de pêches, abricots ou fraises à la gare Saint-Charles de Perpignan, plate-forme logistique.

Relance avortée en décembre 2019

En octobre, le secrétaire d’État aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, avait annoncé une relance du transport ferroviaire des fruits et légumes fin 2019. Mais au lieu d'acheminer la marchandise vers Rungis par la SNCF, une société privée, Novatrans, devait transporter la production du Roussillon, toujours par voie ferroviaire, vers la plateforme multimodale de Valenton (Val-de-Marne).
Le secrétaire d'État avait mis en avant "une diminution progressive du volume de marchandises" et "une modification de la demande". Mais cette nouvelle modalité ferroviaire n'a pas été mise en œuvre. "Il faut construire l'écologie avec des entreprises publiques fortes. On ne comprend pas ce gâchis", assène Jean-Christophe Sellin. "La fin du train des primeurs, c'est une volonté politique, déplore la députée FI du Val-de-Marne, Mathilde Panot. Cela pose un problème écologique, un problème social, et en termes d'emploi, c'est une aberration économique".
Mickaël Meusnier, un ancien conducteur du train, s'alarme de "la politique de dumping social qui a fini d'avoir la peau de la SNCF Fret. Le fret ferroviaire est un enjeu d'intérêt général". Il regrette que des acteurs privés se soient substitués à la SNCF.