Railcoop veut remettre en service la ligne Bordeaux-Lyon

Elle veut "aller là où les autres ne vont pas" : coopérative basée dans le Lot, Railcoop fait le pari d'une offre ferroviaire complémentaire avec un projet ambitieux, celui de relancer dans deux ans la ligne directe Bordeaux-Lyon, abandonnée par la SNCF en 2014.

Née en novembre 2019 avec un ADN participatif, Railcoop fait figure d'iconoclaste face aux géants du transport pour se lancer sur les rails en "open access" (sans subvention), un marché qui sera ouvert en décembre. "Avec cette première société coopérative d'intérêt collectif de France dédiée au ferroviaire, nous voulons faciliter l'implication des citoyens dans le train", résume Nicolas Debaisieux, son directeur général, installé dans le Lot depuis trois ans après avoir notamment travaillé au ministère de la Transition écologique.

Trois trains par jour

"Le marché province-province en train classique reste largement inexploité en France", constate Dominique Guerrée, le président de Railcoop. D'où l'idée de proposer une offre complémentaire pour "aller là où les autres opérateurs ne vont pas ou ne vont plus", y compris sur le fret et le train de nuit, abonde Nicolas Debaisieux.
Pour un premier test, le choix s'est porté sur Bordeaux-Lyon, liaison directe abandonnée au profit d'un TGV avec changement à Paris. Railcoop veut faire le trajet en 6 heures 47 dès l'été 2022. Le voyage est certes plus court en voiture, "mais ce temps sera compensé par des services à bord et un confort supérieur à la route : aire de jeux pour enfants, restauration et stockage pour emmener skis ou planches de surf", détaille Nicolas Debaisieux.
La coopérative veut faire rouler trois trains par jour via Libourne, Périgueux, Limoges, Guéret, Montluçon, Saint-Germain-des-Fossés et Roanne, avec un prix calqué sur celui du covoiturage. La projection avant-Covid prévoyait 690.000 voyageurs par an dont la moitié en cabotage.
L'initiative est suivie d'un très bon œil au ministère des Transports qui y voit une réponse à des "priorités stratégiques" comme "la redynamisation des petites lignes" et la relance des trains de nuit.