Reprise d'Aigle Azur : les syndicats partagés
Reprise d'Aigle Azur : les syndicats partagés

Épluchées par le comité d'entreprise d'Aigle Azur, les propositions de reprise de la compagnie aérienne ne font pas l'unanimité chez le personnel et les syndicats, alors que l'avenir du groupe reste en suspens, dans la dernière ligne droite de la procédure de redressement judiciaire.
La compagnie aérienne française a reçu 14 offres de reprise ou marques d'intérêt, qu'elle espérait voir améliorées. Les candidats à la reprise avaient jusqu'à mercredi 11 septembre pour ajuster leurs offres, avait indiqué le secrétaire d'État aux Transports Jean-Baptiste Djebbari.
Certaines s'inscrivent dans le cadre d'un redressement judiciaire, tandis que d'autres proposent de reprendre une partie de l'activité et du personnel après la liquidation de l'entreprise qui emploie quelque 1.150 personnes, dont 800 en France et 350 en Algérie.
"On se positionne bien sûr de préférence pour un redressement", a déclaré Loïc Philippot, vice-président du SNPL Aigle Azur. "Tout le monde ne classe pas les offres de la même façon. Les PNC (personnel navigant commercial, les hôtesses et les stewards, NDLR) et les jeunes co-pilotes comptent sur l'offre Air France, alors que le personnel au sol a très peur de cette offre", a-t-il ajouté.
Air France a confirmé avoir déposé une offre, sans en donner la teneur. Pour certains syndicats, elle serait nettement insuffisante, le groupe souhaitant liquider la société puis effectuer un processus de sélection pour réembaucher une partie du personnel.
En revanche, pour SNPNC-FO, cette proposition permettrait d'offrir "des emplois pérennes" au personnel d'Aigle Azur, souligne le syndicat national. "L'offre de Guérin sort du lot pour les employés", a estimé auprès de l'AFP une source au sein des salariés. L'ancien PDG de Hop! (groupe Air France) Lionel Guérin proposerait de reprendre l'ensemble des salariés, mais le financement de son projet semble moins abouti, selon des sources internes.
Le gouvernement voit sa proposition "d'un bon œil", a confié une source proche du dossier.