Revue hebdo : l'or et le cuivre stagnent, le sucre en risque de baisse prochaine

14/09/2020 Kevin Trublet

L'or a peu évolué cette semaine, tout comme les métaux industriels et le sucre, même si ce dernier a pâti de la politique exportatrice indienne.
Tandis que le métal précieux a atteint un sommet historique en août (au-dessus de 2.000 dollars l'once), "l'or semble perdu et collé au milieu de la fourchette dans laquelle il évolue depuis le mois dernier", commente Edward Moya, analyste pour Oanda. "Ces derniers jours, l'or a été influencé modestement par les banques centrales, avec une baisse du prix après la réunion de la BCE, et par la faiblesse du dollar, qui a pour sa part soutenu le métal jaune", ajoute Carlo Alberto De Casa, analyste pour ActivTrades. L'or étant libellé en billet vert, une baisse de celui-ci rend le métal précieux moins onéreux pour les acheteurs utilisant d'autres devises.
La Banque centrale européenne a quant à elle confirmé jeudi 10 septembre sa politique monétaire et a adopté un ton un peu plus confiant qu'attendu. Or, l'or étant une valeur refuge, il a tendance à se déprécier lorsque l'optimisme progresse sur les marchés. Sur le London Bullion Market, l'once d'or valait 1.946,24 dollars vendredi 11 septembre vers 12h50 GMT (14h50 à Paris), contre 1.933,94 dollars le vendredi précédant à la clôture.

Tensions géopolitiques

Les métaux de base et notamment le cuivre ont hésité cette semaine, terminant à des niveaux proches d'il y a sept jours. Selon Anna Stablum, analyste pour Marex Spectron, "les tensions géopolitiques ont pesé sur le cuivre après que le président américain a dit qu'il ne repoussera pas la date limite (fixée au 15 septembre) pour la vente par ByteDance de TikTok aux États-Unis". En effet, l'application de partage de vidéos se trouve depuis des semaines au cœur du conflit politique et commercial entre Washington et Pékin, le président américain accusant celle-ci d'espionnage pour le compte de la Chine malgré l'absence de preuves.
Les métaux de base restent cependant à des niveaux proches de ceux de début septembre, les plus haut en plusieurs mois. Des espoirs liés à la possible découverte d'un vaccin, d'une reprise économique plus rapide et d'un affaiblissement du dollar joueraient en faveur de cette récente hausse, selon Daniel Briesemann, analyste pour Commerzbank. Néanmoins, toujours selon lui, le marché accuse un excès d'offre par rapport à la demande et une correction n'est pas à écarter. Sur le LME, la tonne de cuivre pour livraison dans trois mois s'échangeait à 6.708,50 dollars vendredi 11 septembre à 12h50 GMT, contre 6.710 dollars le vendredi précédent à la clôture. L'aluminium valait 1.780 dollars la tonne, contre 1.786,50 dollars.

L'Inde soutient son sucre

Le sucre a souffert dans la seconde moitié de la semaine, même si la hausse, observée en début de semaine a permis à sa valeur de se stabiliser par rapport au vendredi 11.
"Citant des sources proches du gouvernement, Reuters a rapporté que l'Inde allait reconduire ses subventions aux exportations de sucre pour la troisième année consécutive", explique Michaela Helbing-Kuhl, pour Commerzbank.
En subventionnant la production pour soutenir l'exportation, l'Inde augmente ainsi l'offre mondiale, ce qui pèse sur les cours. Confronté à des récoltes excessives, le géant asiatique inonde donc le reste du monde. "De plus, malgré une année moins productive, la récolte de sucre devrait encore grimper d'environ 4 millions de tonnes pour atteindre les 21 millions", termine-t-elle. À Londres, la tonne de sucre blanc pour livraison se négociait 353,70 dollars en novembre, contre 354,50 dollars le vendredi précédent. À New York, la livre de sucre brut pour livraison valait 11,84 cents en octobre, contre 11,93 cents sept jours auparavant.