Rhin : les basses eaux toujours au cœur des réflexions

09/01/2020 Christian Robischon

Une réunion de travail de la Commission centrale pour la navigation du Rhin a cherché à nouveau à tirer les enseignements pour le transport fluvial du gros épisode de faible étiage de fin 2018.

Un atelier sur les basses eaux et leur impact sur la navigation rhénane a été organisé en fin d’année dernière à Bonn, en Allemagne, par la Commission centrale pour la navigation du Rhin (CCNR), afin de tirer pour l’avenir des enseignements sur le phénomène qui avait  fortement touché le fleuve lors du second semestre 2018. Les quelque 150 participants, représentant administrations, commissions fluviales, universités, instituts de recherche, chargeurs et transporteurs ont rappelé combien les chaînes logistiques avaient été perturbées, notamment celles du charbon et de la chimie.

"Disposer de prévisions fiables sur les hauteurs d’eau en temps réel devient indispensable"

Elles ont été fragilisées dans leur résistance aux basses eaux du fait de l’évolution à la hausse des dimensions et tirants d’eau des bateaux. D’où l’idée émise à Bonn d’adapter ceux-ci à une navigation même à étiage très faible. Contargo a déjà franchi un pas en ce sens, en décidant de modifier la poupe de quatre bateaux afin d’augmenter la pression sur l’hélice, mais une telle adaptation requiert un équipage expérimenté et qualifié, a souligné Cok Vinke, directeur général de Contargo Waterway Logistics.

L’information, une donnée-clé

Un aspect décisif tient dans l’amélioration de l’information… et de sa circulation entre acteurs publics et privés ; disposer de prévisions fiables sur les hauteurs d’eau en temps réel et à l’échéance de trois à six jours devient indispensable, selon les participants et intervenants. L’adaptation des organisations logistiques a également occupé les débats. "Un report rapide vers d’autres modes de transport dans les terminaux de chargement devrait être possible", rapporte la CCNR. Elle faciliterait le transfert des conteneurs vers le rail ou la route, mais aussi leur potentiel retour vers le fluvial. Or celui-ci a du mal à s’opérer, démontrent les statistiques de la CCNR : alors que les trafics globaux sur le Rhin sont rapidement repartis à la hausse en même temps que le niveau des eaux pour aboutir à un volume au premier trimestre 2019 supérieur à celui du premier trimestre 2018, celui des conteneurs n’a pas compensé, il est resté en retrait de 11 % sur la même période de comparaison.