Rouen : une navette fluviale assure le 7e franchissement de la Seine

Sur proposition de l’Union portuaire rouennaise (UPR) qui a mené à bien le dossier, la Métropole de Rouen teste depuis le 15 juillet une navette fluviale à propulsion électro-solaire pour assurer un septième franchissement de la Seine. Tous les partenaires de cette expérimentation souhaitent sa pérennisation.

Après deux jours de voyage à la vitesse moyenne de 13 km/h, uniquement propulsé par les 50 m2 de panneaux solaires installés sur le toit de sa cabine, le "Felix de Azara", catamaran de 17 mètres, est arrivé à Rouen le 9 juillet. Jusqu’au 15 novembre, il embarquera ses piétons et vélos, en semaine aux heures de pointe et de 10 à 18 heures en continu le week-end pour des traversées gratuites de 6 à 7 minutes entre les deux rives de la Seine, à hauteur du siège du Grand Port maritime rive droite et de celui de la Métropole rive gauche. Il peut embarquer jusqu’à 60 passagers mais ce nombre sera limité à 49 pour l’expérimentation.

Un test à 150.000 euros

"J’ai toujours été convaincu de la nécessité d’un septième franchissement de la Seine en centre-ville. Nous avons voulu comparer cette solution avec le projet de passerelle en dur qui prévalait au départ mais projet pour lequel les études n’ont pas été achevées", commente Frédéric Sanchez, président de la Métropole, qui finance le test à hauteur de 150.000 euros.

À Rouen, le
En fait, c’est sur proposition de l’UPR que cette expérimentation de transport public durable a abouti. Dès son élection à la présidence en juillet 2018, Christian Boulocher avait missionné Catherine Cornu, alors présidente de la Station de pilotage en Seine, pour rechercher le bateau idoine. Et là, Olivier Jamey, président de la communauté portuaire de Paris (CPP), a tenu un rôle crucial pour favoriser les contacts.
Car le "Felix" a déjà une longue et prestigieuse histoire. Construit par Grove Boats à Yvonand (Suisse), il a été conçu, comme deux autres catamarans plus petits et deux monocoques, pour travailler sur le fleuve Ebro à l’occasion de l’exposition universelle de Saragosse en 2008. Il y est exploité jusqu’en 2014 quand, en raison de la crise économique, la concession accordée à l’armement suisse Turismo Ebro Fluvial est rompue. Depuis, il a officié sur l’Oise pour le compte de Vedettes de Paris, à Lille ponctuellement, près de Lyon pour un syndicat de transports. Lors de ces différents affrètements, il a eu l’occasion d’accueillir des personnalités comme François Hollande et Anne Hidalgo (décembre 2015) ou encore Martine Aubry (2009).

"En cas de réussite, l’UPR envisagerait de faire l’acquisition du 'Felix de Azara'"

"Dans ce dossier, je tiens à souligner le rôle prépondérant qu’ont tenu mes deux directeurs, Pierre-Marie Hébert et Éric Eskinazi, et la formidable coopération de toute la communauté portuaire", précise le président de l’UPR qui a choisi d’exploiter le bateau, armé avec deux commandants et deux matelots.
En cas de réussite du test, l’union portuaire envisagerait de faire l’acquisition du bateau. À noter que ce test bénéficie du soutien de Haropa-Port de Rouen, de Transdev, responsable du réseau de transports publics dans l’agglomération, et d’Engie pour l’aspect énergies renouvelables.