Routier : une légère reprise à confirmer

10/03/2021 Érick Demangeon

Les transporteurs routiers sortent affaiblis de la crise sanitaire. En janvier, leurs indicateurs se sont améliorés mais restent fragiles. Une reprise de la demande espérée d’ici le troisième trimestre pourrait créer des tensions car l’offre de transport routier s’est réduite ces douze derniers mois.

La dernière enquête mensuelle du Comité national routier (CNR) publiée fin février, montre des signes encourageants pour le secteur. Le chiffre d’affaires des transporteurs routiers a progressé en moyenne de 2,8 % en janvier par rapport à décembre 2020. Une éclaircie, dans la mesure où, sur l’ensemble de l’année, leurs revenus ont reculé de plus de 8 %. Éclaircie confirmée également sur le front de l’emploi des conducteurs qui augmente de 2,5 % en moyenne entre janvier et décembre (- 2,7 % en 2020).

Le chiffre d’affaires des transporteurs routiers a progressé de 2,8 % en janvier

Cette stabilité relative de l’emploi dans le secteur apparaît aussi dans le dernier baromètre trimestriel de la Fédération nationale du transport routier (FNTR) : 56 % des chefs d’entreprises sondés tablent sur le maintien de leurs effectifs au premier trimestre 2021. Toutefois, leur moral demeure au plus bas, la moitié anticipant une baisse d’activité au cours des trois premiers mois de l’année 2021. Ces craintes à court terme se vérifient dans leurs projets d’investissements puisque seul un tiers des chefs d'entreprises envisagent d’acheter de nouveaux véhicules sur cette période. Les chiffres du Comité des constructeurs français d’automobiles (CCAF) confirment cette prévision avec une baisse de 8 % des immatriculations des camions à fin février.

Déséquilibre entre l’offre et la demande

Selon Upply, une reprise de la demande du transport routier européen et français devrait intervenir d’ici le troisième trimestre. La plateforme d’analyse des transports estime que celle-ci s’accompagnera d’une augmentation des tarifs. Elle considère que l’offre de transport routier s’est sensiblement contractée au cours des douze derniers mois, rendant le risque de faillite élevé en 2021. "Les petites et moyennes entreprises sortent exténuées, voire exsangues, des vagues successives de confinements dues à la crise sanitaire et sont donc au bord de la faillite" constate Upply.

Avec la hausse des tarifs, la plateforme anticipe également une nouvelle phase de concentration dans le secteur, qui serait animée par les transporteurs européens les plus importants "dont la trésorerie est restée solide grâce à leur taille critique et à la diversification de leurs activités". Au cours de l’année 2021, Upply s’attend enfin à une probable détérioration de la qualité de service dans le transport routier, une évolution généralement constatée lorsque la demande est supérieure à l’offre.