SITL : verdissement et pénurie de main d’œuvre au cœur des préoccupations

14/09/2021 Érick Demangeon

La conférence d’ouverture de la Semaine de l’innovation du transport et de la logistique le 13 septembre a abordé deux enjeux du secteur : la transition énergétique et les difficultés à recruter. L’orientation vers le "tout électrique" est critiquée et de nouvelles organisations sont évoquées.

La transition énergétique et environnementale "concerne tous les maillons de la chaîne logistique, modes de transport et acteurs publics comme privés", a insisté Anne-Marie-Idrac, lors de la conférence d’ouverture de la Semaine de l’innovation du transport et de la logistique le 13 septembre à Paris. Pour la présidente de France Logistique, le principal défi demeure le "verdissement du transport routier" compte tenu de sa part modale en France (85 %).

Anne-Marie Idrac alerte les autorités européennes, l’État et les collectivités locales sur l’orientation actuelle misant uniquement sur l’électromobilité. "Adaptée pour les voitures et les utilitaires, l’offre électrique ne couvre pas les poids lourds en termes économiques et techniques pour le moment. La meilleure transition aujourd’hui pour ces véhicules est le gaz", dans sa version "bio" en particulier.

"Dire que les véhicules électriques sont zéro émission est le plus grand greenwaching de l’histoire"

"Il faut définir un calendrier réaliste et travailler sur la compétitivité des chaînes logistiques via les ports français en particulier". Cet avis est partagé par Clément Chandon. Le directeur produits et homologation d’Iveco dénonce l’analyse actuelle des émissions : "elle est faite du réservoir à l’échappement alors que les approches du puits à la roue seraient plus pertinentes pour évaluer les émissions réelles des véhicules et des carburants sur leur cycle de vie. Dire que les véhicules électriques sont zéro émission est le plus grand greenwaching de l’histoire".

Nouvelles organisations

Pour Vittorio Battaglia, président de Gefco France, l’évolution vers des véhicules verts est "inéluctable" mais insuffisante : "des gisements de réduction des émissions de gaz à effet de serre existent dans les organisations en réduisant par exemple les temps d’attente. Ils gaspillent des capacités et obligent à mettre plus de camions sur les routes".

La numérisation, le partage et la meilleure gestion des données doivent permettre ces optimisations, selon lui. Sur ce principe, Vittorio Battaglia imagine des terminaux terrestres qui consolideraient et massifieraient les flux transportés par des véhicules peu émissifs, couplés à des enlèvements et des livraisons effectués par des modes doux sur les derniers kilomètres.

Manque d’attractivité

L’optimisation des organisations aurait un autre avantage selon Vittorio Battaglia : "lutter contre la pénurie de main d’œuvre dans les transports et la logistique". Tous les intervenants s’accordent sur la rareté des ressources humaines dans la filière élargie aux activités de maintenance des véhicules. Avec le verdissement des modes, elle est présentée comme l’autre grand défi du secteur à court et moyen terme.