SNCF : une aide de l'État possible… plus tard

Le gouvernement s'est montré ouvert à l'idée d'une aide éventuelle à la SNCF, tout en jugeant prématuré d'en discuter à ce stade.

Le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin et du secrétaire d'État aux Transports Jean-Baptiste Djebbari ont répondu à l'appel en renfort du PDG de la SNCF.
"Tant que nous n'avons pas une vision extrêmement précise du coût qu'aura porté le coronavirus sur la SNCF, d'ailleurs tant que nous ne connaissons pas non plus la dynamique de reprise, notamment de l'offre TGV, nous n'avons pas une vision suffisamment précise pour rentrer dans ce type de discussion avec la SNCF", a dit Jean-Baptiste Djebarri dimanche sur France 3.
Mais Gérald Darmanin est ensuite allé plus loin, interrogé dans Forum Radio J, en ouvrant la porte à une aide ultérieure. "L'État a toujours été au rendez-vous pour soutenir d'abord des grandes entreprises nationales, c'est le cas d'Air France, et encore plus quand ça lui appartient, comme c'est le cas de la SNCF", a-t-il dit.

3 milliards de manque à gagner

"Nous verrons bien (comment évolue la situation) et nous aiderons la SNCF. Après, chacun devra faire des efforts (...) car l'État ne peut pas tout compenser à l'euro près pour tout le monde", a-t-il ajouté, en soulignant que "l'État aide déjà beaucoup la SNCF puisque que plus de 100.000 agents de la SNCF sont en chômage partiel".
Samedi, le PDG du groupe ferroviaire Jean-Pierre Farandou avait évoqué un manque à gagner de déjà deux milliards d'euros pour la SNCF en raison de la crise sanitaire, en raison d'un service minimum, auquel s'ajoute un milliard d'euros de trou lié à la grève des transports en décembre-janvier.
Craignant que la situation financière de la SNCF – qui cumulait une dette de quelque 35 milliards d'euros début 2020 – ne s'aggrave, Jean-Pierre Farandou en a appelé à l'État actionnaire : "la notion d'un plan d'aides à la SNCF ne me paraît pas déraisonnable", a-t-il déclaré, en rappelant qu'Air France et Renault en ont bénéficié.

"Difficile de prévoir un plan dont on ne connaît pas le montant"

Gérald Darmanin a estimé que les chiffres sur le manque à gagner avancés par le patron étaient "sans doute déjà circonspects dans leur montant exact" et souligné qu'il y a encore beaucoup d'inconnues quant "à la façon dont les Français vont réagir au déconfinement". Le trou pourrait donc au final être bien plus important. "C'est difficile de prévoir un plan (d'aides) dont on ne connaît pas le montant d'intervention", a-t-il dit.
"J'ai demandé à Jean-Pierre Farandou de produire pour le ministère des Transports une trajectoire financière à jour, nous aurons cette discussion", a indiqué Jean-Baptiste Djebarri dimanche, précisant que l'État est déjà présent auprès de la SNCF, notamment via la reprise d'une partie de sa dette.
Le PDG avait prévenu samedi que la question de l'emploi "n'est pas un sujet tabou", évoquant ainsi pour la première fois depuis le début de la crise sanitaire de possibles suppressions de postes.