Sans surprise, Air France-KLM accuse une perte sans précédent

31/07/2020 AFP

La crise sanitaire mondiale ne permet pas au groupe aérien Air France-KLM de se projeter sur les prochains mois, alors que la propagation de l’épidémie se poursuit.

Activité quasi nulle aux mois d'avril et mai, et redémarrage poussif ensuite : Air France-KLM accuse une perte de 2,6 milliards d'euros au deuxième trimestre et envisage l'été avec prudence, face aux incertitudes liées à l'évolution du Covid-19. En juin, l'activité a représenté 8 % de celle de l'année dernière. "La visibilité sur la courbe de reprise de la demande est limitée car le comportement de réservation des clients est beaucoup plus orienté vers le court terme qu'avant la crise du Covid-19, en particulier sur le réseau long-courrier" soumis aux politiques gouvernementales d'ouvertures de frontières, indique le groupe.
Les vols domestiques ont pu reprendre ainsi qu'en Europe entre la plupart des pays, mais la situation est plus complexe pour les vols long-courriers alors que la pandémie de coronavirus a généré plus de 17 millions de contaminations, dont plus de la moitié dans trois pays (États-Unis, Brésil, Inde).

Seulement 18 % des sièges moyen-courrier vendus pour septembre

Pour le mois de septembre par exemple, le groupe avait, l'an dernier à la même période, déjà vendu 52 % des sièges moyen-courrier contre seulement 18 % cette année, a-t-il précisé. Au troisième trimestre, le groupe va proposer une offre de seulement 45 % par rapport à la même période l'année dernière et de 65 % au quatrième trimestre. "Mais ces capacités seront revues à tout moment en fonction de l'évolution de la crise", a prévenu le directeur financier d’AF-KLM, Frédéric Gagey. Le scénario de base du groupe prévoit d'exploiter en 2021 une offre réduite d'au moins 20 % par rapport à 2019.
Le directeur général du groupe, Benjamin Smith, a salué "le soutien exceptionnel des gouvernements français et néerlandais". Le 31 juillet, la ministre déléguée à l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher, a assuré que l'Etat français continuera de soutenir sans "aucune ambiguïté" Air France, n'excluant pas si besoin, une montée au capital.

Suppression de postes

Au premier semestre Air France et KLM ont respectivement enregistré une perte d'exploitation de 1,594 milliard d'euros et de 768 millions d'euros. Au 30 juin, le groupe disposait de 14,2 milliards de liquidités ou de lignes de crédits dont les 10,4 milliards de prêts directs ou garantis accordés par la France et les Pays-Bas (7 milliards par la France et 3,4 milliards par les Pays Bas), a précisé le directeur financier du groupe Frédéric Gagey.
La direction d'Air France-KLM a engagé un plan de "reconstruction" du groupe après la crise du Covid-19 qui passera par une réduction de 40 % du réseau français - sur lequel Air France a perdu 200 millions d'euros en 2019 - et la suppression de 7.580 postes d'ici fin 2022, soit 16 % des effectifs d'Air France et 42 % de ceux de Hop!, qui assure les liaisons domestiques.
Aux Pays-Bas, "le plan de restructuration de KLM prévoit une réduction significative" du nombre d'emplois et la compagnie néerlandaise "a déjà lancé un plan de départ volontaire auquel 2.000 employés ont souscrit à la date limite de clôture", a précisé le groupe. La néerlandaise a annoncé le 31 juillet qu'elle supprimerait jusqu'à 5.000 emplois d'ici fin 2021.