Saône-Rhin Europe : poursuivre l’action pour le fluvial

Saône-Rhin Europe ne relâche pas ses efforts en faveur de la voie d’eau, en dépit d’un contexte peu favorable dont l’association a pris acte lors de son assemblée générale annuelle le mois dernier.

Ses membres n’avaient pas ménagé leur peine pour faire entendre la voix du fluvial dans la discussion de la Lom (loi d’orientation sur les mobilités), notamment par des rencontres et courriers répétés aux parlementaires. À l’aube de l’adoption définitive du texte par l’Assemblée nationale, Saône-Rhin Europe fait part de sa "déception", à la fois sur l’ambition générale qui lui paraît éloignée des intentions initiales de faire "une loi particulièrement marquante comme l’avaient été la Loti en 1982 et le Grenelle 1 de l’environnement", et sur la portion congrue laissée au transport fluvial de marchandises, par effet de la priorité au transport de personnes. L’association regrette en particulier que les quelques avancées obtenues par des amendements des sénateurs aient été "amoindries" ou "vidées de leur substance" par les députés, comme l’intégration d’un schéma de desserte fluviale dans les plans locaux d’urbanisme (PLU) d’agglomérations reliées à une voie navigable.

Schéma régional des territoires

Sur la liaison à grand gabarit Saône-Moselle/Saône-Rhin qui mobilise l’association en premier lieu, un amendement quant à sa relance a été rejeté, sans surprise, ce qui maintient le projet dans la catégorie des réalisations à l’horizon 2050 où l’avait classé la commission Mobilité 21.

"La liaison à grand gabarit Saône-Moselle/Saône-Rhin maintenue pour 2050"

Une satisfaction vient par contre du Sraddet (Schéma régional de développement durable et d’égalité des territoires) de la région Bourgogne-Franche-Comté : la liaison Saône-Rhin bénéficie d’une mention explicite dans la version définitive qui va être soumise à approbation ces prochains mois, contrairement à la mouture initiale. La réaction de l’association basée à Besançon (Doubs) a été efficace sur ce point.

Fédérer les pro-fluvial

Pour Saône-Rhin-Europe, l’action de lobbying, dans le bon sens du terme, a d’ailleurs tout intérêt à cibler les collectivités locales dont elle note une écoute et un volontarisme qu’on ne retrouve pas forcément du côté de l’État. Elle passe plus que jamais par la fédération des associations pro-fluvial : "Il nous faut nous rapprocher davantage encore les unes et les autres pour porter des messages communs, ce qui n’empêche pas chacune de nous de conserver la spécificité de ses buts prioritaires", estime Pascal Viret, président de Saône-Rhin Europe. Celle-ci confirme son rôle de cheville ouvrière au sein du collectif Agir pour le fluvial.