Sappe : hausse de capacité au port de Strasbourg

L’entreprise Sappe s’apprête à augmenter ses capacités de transit de terres polluées et d’autres matières minérales, sur son site en bord d’eau.

Installé dans la zone portuaire de Strasbourg, le recycleur de terres Sappe va prendre une nouvelle dimension. Il soumet à enquête publique jusqu’au 12 juin l’extension de son site, dans l’objectif de la concrétiser en fin d’année. "Nous atteignons notre plafond autorisé de 1.800 tonnes instantanées pour la catégorie des déchets non dangereux. Le projet nous permettra de passer, en activité annuelle toutes matières confondues, de 30.000 à 50.000 tonnes", annonce Lucien Modery, directeur de la société. Celle-ci investit un peu plus d’un million d’euros, notamment pour adapter son quai de 50 mètres de long.

Transport fluvial ultra dominant

Le terrain d’implantation de la Sappe a l’inconvénient de son étroitesse sur 1,1 hectare qui empêche d’envisager une augmentation plus importante, mais il présente l’intérêt d’une localisation directement bord à eau qui convient parfaitement à la répartition modale de l’entreprise : "90 à 95 % de nos transports s’effectuent par voie fluviale", souligne Lucien Modery. Les entrées de matière arrivent par péniches, y compris en gabarit Freycinet. La Sappe (Société anti-pollution et protection de l’environnement) effectue leur classification, leur tri en fonction de la granulométrie, le contrôle, l’enregistrement et la préparation pour l’expédition à bord de barges rhénanes standard de 135 mètres ou couplées à un pousseur. Les déchets partent vers divers centres de recyclage reliés à la voie d’eau en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne. De la sorte, ils font l’objet d’une valorisation matière, au lieu d’un enfouissement. Ils sont formés en majorité de terres polluées classées en déchets non dangereux, complétées d’enrobés et de bétons issus de la démolition industrielle.

"90 à 95 % de nos transports s’effectuent par voie fluviale"

La hausse de la capacité instantanée vise aussi à gérer la situation rencontrée au second semestre 2018 et qui a toutes les chances de se reproduire : les basses eaux ont obligé l’entreprise à stocker en quantité nettement plus importante qu’à l’accoutumée, le temps que le Rhin redevienne navigable ou autorise un niveau de chargement plus ordinaire.

Logistique de chantier
 
La Sappe, filiale du groupe de BTP et recyclage alsacien Leonhart, a dans le viseur un autre vecteur de développement : la logistique de chantiers en bord d’eau. En mars et avril, elle a été chargée de l’acheminement de 18.000 tonnes de terres d’un bassin à l’autre de la zone portuaire, lors de terrassements pour des programmes immobiliers du projet urbain Deux-Rives. "La voie d’eau constituait une solution bien plus courte et pratique que la route, de surcroît elle a évité la circulation en ville de 30 tracteurs par jour", souligne Lucien Modery. Le modèle sera reproduit sur de prochains chantiers de Deux-Rives. La Sappe a également participé à l’acheminement de pavés pour le réaménagement des quais du centre-ville de Strasbourg et elle se positionne sur les projets locaux de logistique urbaine.