Sortie de route pour l’A45

Plutôt que dédoubler l’autoroute entre Lyon et Saint-Etienne, le gouvernement opte pour l’amélioration des relations routières et ferroviaire entre les deux villes.

Le projet de l’A45 est abandonné. Cette décision a été annoncée par la ministre des Transports, Élisabeth Borne, qui n’a pas retenu l'option de dédoubler l'autoroute actuelle entre Lyon et Saint-Étienne. Ce projet avait été déclaré d’utilité publique en 2008 et concédé à Vinci pour une durée de 55 ans. Son coût était estimé à 1,2 milliard d’euros pour 47 km, et financé pour les deux tiers par des collectivités publiques : région Auvergne-Rhône-Alpes, département de la Loire et Saint-Étienne Métropole.
Cet arrêt a suscité nombre de réactions d’incompréhension d’élus de tous bords, même du député LREM stéphanois Jean-Michel Mis, qui juge l’option retenue par le gouvernement "pas du tout satisfaisante". "Le dossier de l'A45 était techniquement, juridiquement et financièrement bouclé depuis 2017. Seule manquait la décision du gouvernement pour que le chantier démarre", notent dans un communiqué commun le président du conseil régional Laurent Wauquiez, le président du conseil départemental de la Loire, Georges Ziegler, et le maire de Saint-Étienne, Gaël Perdriau.

400 millions pour des projets "alternatifs"

Le Collectif A45 qui réunit les principales organisations syndicales patronales et consulaires de la Loire et du Rhône s’estime "trahi". "Cette décision est scandaleuse pour les entreprises dont la compétitivité est pénalisée par des centaines de milliers d’heures de travail perdues sur une A47 paralysée", s'indignent ses représentants qui demandent au gouvernement "d'arrêter de brandir de fausses solutions alternatives".
De leur côté, nombre d’élus lyonnais, dont Gérard Collomb, ex-maire de Lyon, étaient opposés à ce projet "désastreux pour l'environnement et pour le développement de l’agriculture de proximité", à une nouvelle autoroute dont le raccordement au sud de l’agglomération lyonnaise aurait débouché sur l'A7 avec un risque de thrombose supplémentaire à l’entrée de Lyon.
La ministre a précisé que les 400 millions que l'État avait prévus de consacrer à la réalisation d’une nouvelle liaison autoroutière entre Lyon et Saint-Etienne seraient utilisés pour des projets "alternatifs". Parmi les pistes évoquées : l’amélioration de l’actuelle A47 et des liaisons ferroviaires entre les deux villes, le redimensionnement du pont de Givors et du nœud de Ternay et enfin l'intermodalité.