Stéphane Salvetat : une année de plus à défendre les intérêts des transitaires marseillais

06/10/2020 Vincent Calabrèse

Au cours de son nouveau mandat, Stéphane Salvetat, le président réélu du Syndicat des transitaires de Marseille-Fos (STM), veut continuer à travailler sur des dossiers qui vont contribuer à faciliter la vie des commissionnaires de transport du port phocéen et de sa région.

Stéphane Salvetat vient d'être réélu pour un cinquième mandat à la présidence du Syndicat des transitaires de Marseille-Fos (STM). Dans le contexte de crise sanitaire qui a marqué la principale partie de l'année en cours, il souligne que "certains transitaires souffrent". Ceux dont l'essentiel de l'activité est portuaire ont perdu cette année 15 % de leur volume d'activité. Quant à ceux présents sur l'aéroport, ils ont vu, selon lui, leur volume d'activité reculer de 20 % à 30 %.

Disparités de droits de douane

S'exprimant sur la santé de la profession en cette fin de troisième trimestre à Marseille-Fos, Stéphane Salvetat explique qu'elle est variable. Selon lui, "elle dépend des marchés sur lesquels les transitaires marseillais se trouvent". Cette santé reflète, à ses yeux, celle des pays dont ils sont spécialistes. Et de rappeler : "La Turquie se porte bien, l'Algérie se porte mal et la Chine est devenue un marché difficile".
Évoquant les accords de l'UE en matière de droits de douane, Stéphane Salvetat indique la France et l'Allemagne n'ont pas la même attitude que les Pays-Bas. Ceux-ci conduisent davantage "une politique business" que ses voisins. Il lui reproche de parvenir à "siphonner un peu plus les trafics européens".
Concernant les produits surgelés, une filière sur laquelle il travaille depuis quelques années à la présidence du syndicat, il regrette encore que 95 % du trafic de poisson transite encore en Europe via Rotterdam.
Stéphane Salvetat et le nouveau conseil d'administration du STM (qui inclut désormais deux femmes supplémentaires, dans un souci de mixité) vont continuer à travailler à la modernisation des services phytosanitaires. Le président se félicite du fait que le nombre d'agents en charge de ce type de trafic à Fos passe d'un à deux.

Travailler sur les surestaries

Le président des transitaires phocéens est conscient qu'au-delà du problème de conjoncture lié à la crise sanitaire, les Pays-Bas ont tout intérêt à faire transiter du fret via Rotterdam puisqu'ils sont parvenus à doubler les droits de douane dans le cadre des accords européens.
Stéphane Salvetat indique que la profession doit également faire évoluer le dossier des surestaries, des frais de détention et de stationnement. Il rappelle que grâce à l'esprit de cohésion de place portuaire, le remboursement des frais de stationnement facturés pour treize jours pendant la grève de l'hiver 2019-2020 a été obtenu.
Selon lui, "il existe un vide juridique. Le législateur doit statuer". Concernant les nouvelles lignes ouvertes à Marseille en 2020, il met en avant celle par JSV Logistic en juin entre Fos-Barcelone et Istanbul ainsi que la future ligne ro-pax qui sera mise sur le marché fin octobre ou début novembre par La Méridionale sur Tanger-Med.
Côté formation, il indique que le Diplôme d'études supérieures universitaires (Desu) de droit douanier et procédures douanières, prévu à l'origine pour démarrer en septembre 2019, a été retoqué à Paris. Le STM va devoir recommencer la démarche pour obtenir la validation du diplôme.
Le nombre de transitaires présents au sein du STM devrait approcher la centaine en 2020 contre 83 en 2017, soit presqu'une trentaine de plus en trois décennies. Selon Stéphane Salvetat, le nombre d'adhérents progresse, malgré les opérations de fusion et absorption que la profession traverse.