Strasbourg : Front routier contre la fin du diesel

La décision de la mairie de bannir progressivement les véhicules diesel suscite la critique des professionnels. La FNTR s'est associée aux revendications des entrepreneurs alsaciens.

Les véhicules diesel interdits progressivement à Strasbourg : la décision-surprise de la mairie, prise fin septembre, n’a pas manqué de faire réagir les transporteurs routiers. La FNTR Alsace s’est associée au courrier de la CPME du Bas-Rhin adressé au maire de Strasbourg. Dans sa missive, la confédération critique le caractère brusque de l’annonce dans un contexte pré-électoral, et ses conséquences pour les PME. “Un projet de cette ampleur ne peut réussir sans une étude d’impact approfondie, ni une phase d’écoute et de concertation préalable. (…) Il faut absolument éviter le risque de «l’écologie punitive» pesant en premier lieu sur les professionnels”, écrit la CPME en constatant, pour le déplorer, l’absence à ce stade de toute proposition de mesures d’accompagnement financier pour les entreprises, en compensation des surcoûts prévisibles.

La zone portuaire incluse

Selon le vote du conseil municipal, les véhicules diesel seraient complètement exclus de circulation dans Strasbourg en 2025, année retenue pour le bannissement des voitures et camions dotés de la vignette Crit’Air 2. Auparavant, chaque cran supérieur de Crit’Air serait interdit, année après année, en commençant en 2021 par les vieux véhicules dépourvus de la vignette.
Par un courrier complémentaire à la mairie adressé début octobre, la FNTR a posé les enjeux spécifiques du transport routier. Elle demande du temps et de la souplesse, car le calendrier politique n’est pas le même que le calendrier technologique. “Les véhicules les plus récemment commandés seraient déjà hors-jeu : les transporteurs en prendront possession l’an prochain pour les conserver jusque vers 2027, compte tenu de la durée de vie”, relève Michel Chalot, président de la FNTR Alsace. “Une interdiction jusqu’à Crit’Air 3 peut se concevoir, mais aller plus loin ne semble pas raisonnable”, ajoute-t-il.  L’organisation professionnelle demande des dérogations, au niveau du calendrier et/ou au niveau des secteurs géographiques. Dans l’approche stricte qui est retenue pour l’instant, c’est tout Strasbourg qui sera concerné. Ce qui inclut la zone portuaire, par exemple.