Strasbourg : le Grenelle des mobilités trace ses pistes

La concertation lancée pour décongestionner le trafic routier de l’agglomération alsacienne d’ici 2030 rend ses premières conclusions.

Une nouvelle autoroute pour permettre au trafic de respirer à Strasbourg : oui, mais pas que. C’est dans cet esprit que l’Eurométropole de Strasbourg a initié un "Grenelle des mobilités", nom qu'elle donne à une vaste concertation pour déterminer comment chaque mode, de la marche à pied à la voiture en passant par le vélo, les transports en commun et le train, pourrait contribuer à fluidifier les déplacements dans l’agglomération et à sa proximité immédiate. "L’objectif consiste à articuler le projet du nouveau contournement ouest-autoroutier de Strasbourg (COS) avec d’autres solutions. Le COS est le maillon essentiel, mais il fait bien partie d’une chaîne", décrit Robert Herrmann, président de l’Eurométropole.

"Objectif : délester 40 % des 14.000 camions quotidiens comptabilisés sur l’A35"

Lancé il y a quelques mois, ce Grenelle a tenu, le 18 décembre, une première réunion d’étape, consacrée à la synthèse des concertations par l’agence d’urbanisme locale Adeus et à l’esquisse de solutions. Celles-ci sont d’abord pensées pour la mobilité des particuliers, dans l’objectif de ramener en une décennie la part de la voiture dans les déplacements à un tiers, contre près de 50 % aujourd’hui. Mais le fret y trouve sa place. La quatrième voie ferrée en cours de construction entre Strasbourg et Vendenheim (Bas-Rhin) permettra de faire passer trois trains de marchandises par heure et par sens, au lieu de deux, dans cette section très fréquentée.

Le casse-tête de l’écotaxe allemande

Sur la route, le COS, dont la mise en service a été repoussée à fin 2021 suite à ses multiples contestations devant les tribunaux, est conçu pour capter le transit de poids lourds qui longe aujourd’hui l’agglomération en empruntant l’autoroute A35. Il porte l’objectif de délester 40 % des 14.000 camions quotidiens comptabilisés sur l’A35. Le "Grenelle" confirme que le défi principal consiste à ne pas faire de l’agglomération de Strasbourg la voie de délestage des camions de l’autoroute allemande A5 parallèle de l’autre côté du Rhin, qui est soumise désormais à l’écotaxe du pays voisin. La "Déclaration de Matignon" du 29 octobre, texte qui pose le principe de création d’une collectivité d'Alsace à la place des deux départements et lui attribue la compétence des routes nationales non concédées, "nous fixe clairement la mission de limiter ces reports de trafic", a rappelé Frédéric Bierry, président du conseil départemental du Bas-Rhin. Pour cela, il faudra faire des travaux… et trouver les moyens de les financer. Lors de la réunion, les élus ont avancé, certes avec prudence, la perspective de ce qui s’apparente à une écotaxe alsacienne. Voilà une belle matière à prolonger le débat…