Suisse : le fret de CFF prêt pour sa privatisation partielle

Devenue au 1er janvier une société autonome du groupe public des Chemins de fer fédéraux, CFF Cargo a désormais le champ juridique libre pour l’ouverture minoritaire de son capital.

CFF Cargo, la branche fret de l’opérateur ferroviaire suisse, s’est mise en position pour sa privatisation partielle. Les Chemins de fer fédéraux l’ont détachée juridiquement pour en faire une société autonome depuis le 1er janvier, sous forme de SA. "Elle pourra ainsi mettre en œuvre de manière plus simple la participation financière minoritaire annoncée", indique la direction des CFF. Le groupe avait en effet indiqué cet automne qu’il ouvrirait 10 à 49 % du capital de CFF Cargo.

Trois candidats

Le processus doit se concrétiser dans le courant de l’année. La presse suisse fait état de trois marques d’intérêt qui ont été exprimées, émanant de clients helvétiques : d’une part, le transporteur et logisticien Planzer, d’autre part, les chargeurs Migros (groupe de distribution) et le cimentier Holcim, l’allié de Lafarge.
L’offre concerne le fret ferroviaire en Suisse, elle exclut la branche internationale SBB Cargo qui est codétenue par CFF Cargo et le privé Hupac. Elle représente un périmètre d’environ 210.000 tonnes transportées par an par wagons, trains et transport combiné. Engagée dans un plan de suppression de 800 emplois d’ici 2023, l'entreprise se redresse. En attendant les données définitives, elle fait état d’un chiffre d’affaires en progression de 1,7 % en 2018 par rapport aux 960 millions de francs suisses (850 millions d’euros) réalisés en 2017. Et CFF Cargo aura renoué avec les bénéfices l’an dernier, après une perte de 44 millions d’euros (hors correction de valeur) l'exercice précédent. L’une de ses priorités consiste à systématiser le wagon complet par regroupements de chargements locaux afin de limiter au maximum les wagons isolés peu rentables.