Suisse : recul provisoire du ferroviaire

En Suisse, le fret par la voie ferrée a baissé l’an dernier en contraste avec la tendance de long terme, mais par le fait surtout de facteurs exceptionnels. Il est d'ailleurs reparti de l’avant cette année.

La Suisse a produit ses statistiques définitives sur le transport de marchandises en 2017, au cumul du trafic interne et du transit international. Les chiffres font apparaître une baisse des volumes pour le ferroviaire, en rupture avec la tendance de long terme. Le fret par la voie ferrée a reculé de 7 % pour se situer à 10,1 milliards de tonnes-kilomètres, alors que dans le même temps, la route a connu une hausse de 1,5 %, à 17,2 milliards de tonnes-km. En un an, le ferroviaire a ainsi perdu deux points de parts de marché pour redescendre à 37 %.

Négatif au Gothard

Deux phénomènes particuliers se sont conjugués pour provoquer cette évolution négative. D’une part, l’interruption de la ligne Karlsruhe-Bâle en Allemagne limitrophe du fait de l’incident de chantier de Rastatt, du 12 août au 1er octobre dernier, a fortement pénalisé le transit international. Celui-ci a reculé à lui seul de 8,3 % sur l’année. D’autre part, des fermetures provisoires de tronçons sur la ligne du Gothard ont été provoquées par divers chantiers, si bien que le transport de marchandises sur cet axe majeur a baissé de 11,4 %. Alors que celui de l’autre axe transalpin du Lötschberg a augmenté de 1,8 %.
De plus, le fret ferroviaire du Gothard reste freiné par le fait que plusieurs tronçons ne sont pas encore au gabarit de 4 mètres de hauteur pour le transbordement de semi-remorques, et que le nouveau tunnel du Ceneri n’est pas encore ouvert.
Hormis ces éléments, les causes du recul 2017 sont restées conjoncturelles, ce qui rendent les autorités suisses optimistes quant à la capacité du fret ferroviaire à reprendre sa marche en avant. Les données encore provisoires mais suffisamment complètes de l’Office fédéral des statistiques pour le premier semestre 2018 confirment ce sentiment. Le trafic a progressé en six mois d’un peu plus de 2 % et la comparaison du second semestre sera favorable par rapport à celui de 2017 qui prend en compte l’incident de Rastatt.