Sûreté : le port du Havre certifié ISO 28000

Premier port européen à avoir reçu la certification ISO 28000, en 2010, pour son organisation en matière de sûreté, le port du Havre l’a renouvelée pour trois ans.

Cela s’est passé en toute discrétion. Un audit a été mené par l'organisme DNV-GL, en octobre dernier, et l’annonce modestement officialisée quelques mois plus tard, en mars : la certification ISO 28000, désignation internationale de sécurité, a été renouvelée, pour la troisième fois consécutive et pour trois ans, par le Grand Port maritime du Havre (GPMH). Ce qui est, a commenté la direction, "une véritable reconnaissance du système de management de la sûreté mis en place pour l’accueil des navires, des marchandises et des entreprises établies dans le port, qui démontre ainsi son efficacité".

"Une véritable reconnaissance du système de management de la sûreté mis en place pour l’accueil des navires"

Le Havre a été la première autorité portuaire européenne, en 2010, et la deuxième au monde, derrière le port américain de Houston, à avoir obtenu cette certification pour son système de management de la sûreté. Si les normes de sûreté maritime du Code ISPS établi par l'Organisation maritime internationale (OMI) sont imposées en France depuis 2004, "c’est bien une volonté de la part du port de s’engager plus avant dans cette démarche d’amélioration continue qui implique tous les niveaux, rappelle Gildas Reul, le responsable sécurité du port. Cette norme est assez restrictive, impose des choix et peut être lourde à mettre en œuvre et à porter". D’ailleurs, cette reconnaissance reste rare, une poignée seulement de ports, dont le plus récent, Djibouti, en 2013 peuvent se targuer de l’avoir. Or, cette certification assure aux entreprises des conditions favorables pour sécuriser leurs propres flux, et les rassure, comme, cite Gildas Reul, "ces grandes entreprises de luxe françaises qui préfèrent ainsi passer par chez nous".

Des audits tous les ans

La norme ISO 28000 impose un plan d’action sur trois ans et des audits tous les ans, ce qui s’ajoute au Plan de sûreté portuaire revu tous les cinq ans, dans le cadre de l’ISPS. Elle implique notamment la formation et la sensibilisation des personnels à la sûreté. Résultats, sur le port du Havre, qui s’étend sur près de 9.000 hectares, des terminaux clos et éclairés, des accès surveillés, des contrôles des personnes et des marchandises. Un Service de sécurité portuaire (SSP) de quelque 130 agents assermentés et armés a pour missions de surveiller la zone portuaire, de contrôler 24 heures sur 24 et sept jours sur sept l’accès à l’entrée des terminaux et de protéger la centaine de sites logistiques et industriels. Des zones d’accès restreint (ZAR) portuaires ont été mises en place, sur lesquelles les agents ont des compétences élargies de contrôle. Et, souligne Gildas Reul, "nous travaillons en synergie et en coordination avec les services de l’État comme avec les autres ports pour essayer de mettre en place une politique globale de sûreté".