TELT répond à la Cour des comptes européenne

Après la parution du rapport de la Cour des comptes européenne qui étrille le projet Lyon-Turin, le promoteur du tunnel revendique avoir respecté son budget. Et regrette que la Cour s'appuie sur une étude préliminaire datée pour établir ses calculs.

Le budget de construction de la liaison ferroviaire Lyon-Turin est "parfaitement respecté", selon Tunnel Euralpin Lyon Turin (TELT), contredisant ainsi le diagnostic posé le 16 juin par la Cour des comptes européenne. "L'augmentation des coûts (+ 85 %) évoquée dans le rapport de la Cour se réfère à une étude préliminaire ancienne réalisée dans les années 1990", s'est défendu le promoteur public.
Le coût définitif de la section transfrontalière de l'ouvrage, estimé à 8,3 milliards d'euros, "a fait l'objet d'une certification menée par un tiers extérieur", Tractebel/TUC rail, "qui a analysé le projet de référence de 2015". "Ce coût validé et ratifié par les États est aujourd'hui totalement confirmé", précise encore TELT. "Depuis que le projet est sous sa forme actuelle", ajoute-t-il, "les coûts s'avèrent être parfaitement respectés, dans le respect des ajustements monétaires prévus".

Retard significatif

Le promoteur public concède "un retard significatif" mais rappelle que le projet de ligne ferroviaire "a dû surmonter un nombre considérable de difficultés, notamment de tentatives répétées de la part d'opposants d'entraver l'avancement des travaux".
Pour TELT, la "mise à jour du plan de réalisation de l'ouvrage", menée au début de l'année par l'Agence exécutive "Innovation et réseaux" (INEA), permet de "maintenir" sa date de mise en service à 2030.
Le promoteur balaie également le "risque" que les prévisions de trafic de marchandises dans la région alpine, qui tablent sur 24 millions de tonnes transportées annuellement en 2035, soient surestimées et que les effets environnementaux "positifs" de la multimodalité le soient aussi. "La construction de la nouvelle infrastructure vise à rééquilibrer la part modale du transport de marchandises dans les Alpes, en cohérence totale avec les politiques en faveur d'un transport plus écologique et compétitif", a rétorqué TELT.