TSM, un groupe qui investit et se diversifie

TSM (Thomas Services Maritimes), groupe familial d’origine rouennaise fort de ses 113 années d’expérience dans le remorquage portuaire, ne cesse d’investir dans des engins neufs performants, de s’étendre et de se diversifier. Une stratégie pas toujours récompensée.

"TSM c’est plutôt une marque commerciale qui fédère nos navires. Mais notre groupe est composé de diverses sociétés indépendantes habitées par la même philosophie qui est : comment répondre au mieux aux besoins de nos clients", explique Loïc Thomas aujourd’hui à la tête du groupe familial. À Rouen, berceau historique de l’entreprise, la Sormar emploie 40 marins pour sept engins, dont quatre de nouvelle génération du type ASD. Cinq sont basés au Val-de-la-Haye, en aval de Rouen, et deux à Port-Jérôme pour servir les terminaux aval du Grand Port maritime (GPMR). Après deux ans de réflexions collectives, le chef d’entreprise est parvenu à mettre en place une nouvelle organisation du travail permettant des gains de productivité de 25 %. "L’objectif de ce travail réalisé en interne et avec nos clients était d’assurer un meilleur service tout en permettant de poursuivre les investissements pour la modernisation de la flottille", souligne Loïc Thomas.

"Nous disposons d’une flotte moderne et adaptée"

Depuis 2002, le groupe rouennais assure également, à la suite des Abeilles, le remorquage portuaire à Bordeaux avec quatre engins dont trois neufs. "Certes le port a subi quelques secousses avec l’arrêt de la ligne MSC mais il s’appuie sur des fondamentaux, son positionnement géographique et des projets de développement sont possibles, d’autant que pour notre part nous disposons d’une flotte moderne et adaptée", assure le patron de TSM. Depuis le rachat d'Iroise Mer il y a cinq ans, le groupe normand a fait aussi de Brest un pôle maritime capable d’intervenir partout en France et même en Europe pour des travaux maritime complexes, des transports divers et même du remorquage hauturier grâce à un ensemble de sept unités polyvalentes ou spécialisées, dont certaines de conception très récente. L’objectif était cette fois d’être également au service des projets touchant les énergies marines renouvelables (EMR), l’une des passions de Loïc Thomas. D’où une certaine déception chez lui de n’avoir hérité que de quelques miettes dans les gros travaux d’études effectués ces derniers mois pour l’éolien offshore, notamment à Saint-Nazaire et Dieppe-Le Tréport.

Des marins 100 % français

"On nous demande de participer à la création d’une filière industrielle nationale, ce que nous faisons en investissant dans des unités adaptées et performantes. Et nous sommes oubliés des grands donneurs d’ordres. Je vous rappelle que tous nos bateaux sont armés avec des marins 100 % français, que nous créons des emplois qualifiés et d’avenir. Nos compétences et nos efforts ne sont pas à mes yeux assez bien pris en compte", regrette Loïc Thomas qui rappelle au passage avoir fait construire treize unités neuves en dix ans. Pour clore les activités de TSM, il convient de ne pas oublier que le groupe est également présent à Dieppe depuis cinq ans et Sète depuis deux ans, pour des prestations de remorquage portuaire mais aussi des travaux maritimes divers. Enfin, parmi les combats de Loïc Thomas figure en bonne place l’obtention auprès de l’administration d’armer à trois hommes d’équipage ses remorqueurs, feu vert qu’il a obtenu pour les travaux maritimes. "Cette problématique est un peu mise en sommeil mais la situation reste très paradoxale, sachant que dans les deux cas les engins sont modernes, performants et identiques et que bien souvent les travaux maritimes nécessitent davantage de main-d’œuvre sur le pont", sourit le chef d’entreprise normand qui affirme rester "plein d’optimisme". "Il existe des possibilités de développer nos activités dans nos métiers passionnants", assure-t-il.