Team Lines disparaît des écrans-radar du short sea shipping

L'opérateur allemand de feeders Team Lines a cessé son activité au motif qu'elle n'était plus rentable. L'armateur semble être une victime collatérale de la conjoncture du shipping international.

La compagnie hambourgeoise Team Lines Deutschland Gmbh a pris la décision d'arrêter son activité le lundi 11 février, estimant que "son business model n'est plus viable". Dans un courrier adressé à sa clientèle, signé par Alexander Saverys et Benjamin Weinacht, la direction de l'armateur se justifie : "Nous avons décidé de cesser nos activités après avoir constaté que les conditions de marché se sont détériorées en Europe du Nord au cours des dernières années". La poursuite du "processus de consolidation" qui sévit dans le secteur est un autre élément déterminant qui l'a incitée à prendre cette lourde décision, complète le courrier.

"Une victime collatérale de la conjoncture et des fusions-absorptions"

Team Lines, absorbée en 2006 par la société anversoise Delphis (détenue par la famille Saverys), avait été fondée en 1991 après la fusion des activités de transport maritime de courte distance des armateurs hambourgeois plus que centenaires HM Gehrckens, Ernst Russ, Johannes Ick et Mathies Reederei.

Une mort lente

Pendant de nombreuses années, Team Lines et Unifeeder se sont livré concurrence en mer Baltique et en mer du Nord. La compagnie allemande avait annoncé la mise en place d’un vaste réseau de liaisons maritimes entre la mer Baltique et le port espagnol de Bilbao, via les hubs de Hambourg, Rotterdam et Anvers.
Ces dernières années, Team Lines avait fortement réduit sa voilure pour devenir un simple affréteur d'espaces, en chargeant sur les navires exploités par ses confrères X-Press, MacAndrews, Samskip et Unifeeder. Selon Jan Tiedemann, analyste chez Alphaliner à Hambourg, "la compagnie est en train de mourir d’une mort lente".
"Il y a dix ans, il existait un portefeuille d'environ vingt-cinq armateurs pour lesquels il fallait assurer le feedering des conteneurs. Il n'y en a plus que sept ou huit", a-t-il expliqué.
Et de citer l'exemple d'One, issu de la fusion du trio japonais "K" Line, Mol et NYK, Hamburg Süd appartenant à Maersk, OOCL repris par Cosco, CSAV et UASC qui ont fusionné avec Hapag-Lloyd, et APL repris par CMA CGM.
Pour Jan Tiedemann, alors que l'on trouvait des taux de fret divers pour tous ces armateurs dans le passé, certains élevés et d'autres plus bas, après une période de fusion-absorption, "ils sont tous tirés vers le bas", a-t-il ajouté.