Tips : des vaccins à fond de cale

Traditionnellement utilisatrice du transport aérien pour ses expéditions internationales, l’industrie pharmaceutique utilise de façon croissante le maritime, grâce au conteneur reefer, pour ses transports de vaccins.

Les participants du troisième Transport International Pharma Seminar (Tips), événement organisé à Tours par le Pharma Logistics Club qui avait pour thème cette année "Conformité et compétitivité du laboratoire grâce au transport", étaient invités le 20 novembre 2019 à une conférence sur le transport maritime. L’occasion d’évoquer le transport maritime des produits pharmaceutiques, qui étaient habituellement plutôt utilisateurs du transport aérien.
Sanofi Pasteur, par exemple, expédie depuis son site de Val-de-Reuil, en Normandie, des vaccins à destination du monde entier. La plupart des produits doivent rester à une température comprise entre 2 et 8 °C, mais certains d’entre eux voyagent à - 20 °C, - 35 °C et même - 70 °C. Les expéditions se font majoritairement par transport aérien en caisse isotherme, mais aussi depuis 2011 en maritime. "Le maritime est une alternative intéressante à l’aérien, avec un coût plus faible et un meilleur bilan carbone, souligne Sophie Marchand, directrice assurance qualité de Sanofi Pasteur. L’utilisation du reefer est plus sûre pour nos vaccins, à conditions qu’on mette en place des garanties pour un respect sans tolérance de la chaîne du froid".
Le reefer, chez Sanofi Pasteur, est utilisé seulement pour les expéditions de grandes quantités de produits. La durée de transport est passée de 48 heures en moyenne à 15 jours pour les États-Unis, et plus de 30 jours pour la Chine et le Mexique. Malgré les ruptures de charges inhérentes au maritime, le respect de la chaîne du froid est assuré par diverses mesures : suremballage de chaque palette, qui est monitorée individuellement et dont le nombre est limité à 16 par conteneur sans gerbage.

"Le maritime est une alternative intéressante à l’aérien"

Avant de faire l’objet d’expéditions maritimes régulières en reefer, chaque destination est qualifiée par trois envois successifs de palettes contenant de l’eau à la place des vaccins, à bord de trois navires différents. "Nous avons effectué des ouvertures de portes avec des températures extérieures positives et négatives, et même des débranchements pendant plusieurs heures, auxquels le reefer résiste bien grâce au suremballage des palettes, explique Sophie Marchand. Les résultats sont bons et nous plébiscitons ce mode de transport, même si nous ne sommes jamais à l’abri d’aléas : il y a toujours des excursions de température, mais qui restent dans une fourchette acceptable".
Sept destinations ont été qualifiées par Sanofi Pasteur depuis 2011 : Canada, Chine, Malaisie, Afrique du Sud, Japon, États-Unis et Mexique. Le Brésil devrait être la prochaine destination qualifiée, en 2020, au terme d’une procédure qui prend en moyenne six à neuf mois.
D’autres fabricants de vaccins utilisent aussi les conteneurs reefer pour des expéditions maritimes : c’est par exemple le cas du laboratoire GSK qui n’a déploré que deux incidents majeurs après avoir eu recours plus de mille fois au transport maritime par conteneurs reefer. Sur ces deux incidents, un seul a conduit à une excursion de température suffisamment importante pour aboutir au rejet de la marchandise. Ce qui prouve que le transport maritime satisfait aux critères de qualité très élevés de l’industrie pharmaceutique.