Transition énergétique : le TRM pose ses conditions

25/06/2021 Érick Demangeon

L’État, les transporteurs, les constructeurs de véhicules et les énergéticiens prévoient de signer une convention d’objectifs communs sur la transition énergétique dans le transport routier. La FNTR, l’Union TLF et l’OTRE ont posé le cadre de cette future convention prévue cet été.

Depuis le début de l’année, le ministère des Transports consulte les transporteurs routiers, les constructeurs de véhicules industriels et les énergéticiens pour établir une convention d’objectifs communs sur la transition énergétique du secteur. Cette convention devrait être signée dans le courant de l’été. C’est dans cette perspective que la FNTR, l’Union TLF et l’OTRE ont présenté les conditions de cette transition d’ici 2050. 

"L’électrique répondra à tous les usages dès 2040, si le réseau de distribution est adapté"

À cet horizon, les trois organisations professionnelles rappellent que la route restera le principal mode de transport en France, "avec une part de marché de 75 %. La neutralité carbone dans les transports de fret devra donc nécessairement passer par une politique axée sur le camion zéro ou à faibles émissions".

Absence de réseaux de distribution électriques

En termes d’usages et de mix énergétique, la FNTR, TLF et l’OTRE soulignent que la transition concerne aussi le compte propre où "le renouvellement des flottes est plus long (dix ans en moyenne) que dans le compte public". Jusqu’en 2040, le diesel et ses alternatives comme le gaz et le biogaz ainsi que les biocarburants resteraient les principales énergies consommées par le secteur sur les parcours régionaux et longue distance en particulier. 

Le recours à l’électrique semble "réaliste pour des usages urbains à moyen terme. L’offre électrique devrait pouvoir répondre à l’ensemble des usages à partir de 2040. La production de masse de ces véhicules est toutefois conditionnée par les constructeurs à la mise en œuvre d’un réseau de distribution adapté. Il est évident qu’aucun réseau d’avitaillement électrique répondant à un usage massif de poids lourds n’est envisageable avant 2040. Cela constitue un frein au développement de cette offre".

Quid du financement ?

Le coût d’exploitation et surtout, d’acquisition des véhicules électriques est un autre frein au développement de cette offre selon la FNTR, TLF et l’OTRE. Il serait deux à trois fois supérieur à celui d’un camion diesel. "La transition énergétique dans le secteur engagera des ressources financières considérables, en investissements publics et privés, en subventions aussi. Elle ne peut se concentrer que sur les seuls transporteurs", préviennent les trois organisations.