Un semestre de croissance solide pour le port de Strasbourg

Le trafic au port de Strasbourg a augmenté de plus de 6 % au premier semestre 2019, par rapport à un début 2018 qui s’était encore déroulé dans de bonnes conditions de navigation.

Le port de Strasbourg a été en croissance de janvier à juin… et il ne le doit – presque – qu’à lui-même ! Contrairement au second semestre 2018 "plombé" par les basses eaux, la première moitié de l’an dernier avait connu des conditions de navigation correctes, identiques à celle du début 2019. C’est donc bien un bilan à éléments de comparaison constants que l’établissement a présenté. Il se caractérise par une hausse semestrielle de trafic de 6,3 %, soit un total de 3,85 millions de tonnes transportées.

© Mathieu Noyer

"Les produits pétroliers et les gravats ont certes bénéficié en tout début d’année d’un déstockage après leur accumulation forcée fin 2018 lorsqu’ils ne pouvaient être transportés sur le Rhin, mais la croissance s’est bien poursuivie ensuite, traduisant une évolution plus structurelle", commente Frédéric Doisy, directeur général délégué du Port autonome. Ainsi, la progression en six mois atteint 32,2 % pour les produits énergétiques (total de 630.400 tonnes) et 13,4 % pour les matériaux de construction (2,06 millions de tonnes) qui sont stimulés par la bonne dynamique des chantiers, notamment en Europe du Nord. Les produits métalliques, dont le trafic s’était réduit à 5.500 tonnes au premier semestre 2018, ont également redécollé spectaculairement pour atteindre 106.300 tonnes. Les engrais et produits chimiques s’affichent en hausse de près d’un quart, à 145.300 tonnes, tandis que les baisses concernent les produits agricoles/agroalimentaires, de façon limitée (- 5 %, à 657.200 tonnes) et plus significativement (- 40 %), les objets manufacturés, à 253.300 tonnes.
Compte tenu de la dynamique globale et d’une hydraulicité du Rhin pour l’instant meilleure qu’en 2018 au début du second semestre, le Port autonome espère atteindre un total annuel du même niveau que l’excellent millésime 2017 qui avait frôlé les 8 millions de tonnes.

Le conteneur ferroviaire en pente ascendante

Le trafic conteneurs, lui, reste davantage marqué par l’après-basses eaux. "Après le transfert vers le ferroviaire provoqué par le faible niveau du Rhin, le retour à la voie d’eau demeure lent et prudent", observe Frédéric Doisy. Le conteneur fluvial enregistre ainsi une baisse semestrielle de 15 %, à 36.700 EVP. Le conteneur ferroviaire frôle ce total (36.300 EVP) grâce à sa croissance de 17 % et il atteint une part exceptionnelle de 32 % en conteneurs chargés, contre 24 % pour la voie d’eau. Au global, en ajoutant la route, les conteneurs reculent légèrement de 1,7 %, à 189.040 EVP. Mais "le retard par rapport à 2018 a déjà été rattrapé à fin juillet", annonce Frédéric Doisy.

"Le retour à la voie d’eau demeure lent et prudent"

Tous types confondus, le trafic sur le réseau ferré du port a augmenté de 16 % sur les six mois. Les opérateurs souhaitent se prémunir contre de potentielles nouvelles basses eaux, aussi leur demande suscite l’offre : une nouvelle navette vers Anvers par Naviland Cargo, la 8e du genre, densifie le service ferroviaire depuis avril dernier. Le nombre de lignes assurées depuis Strasbourg grimpe ainsi à 15 hebdomadaires, en ajoutant les deux allers-retours avec Rotterdam opérés par Multi Modal Rail et les cinq de Naviland Cargo vers Gevrey-Chambertin (pour partie en correspondance vers Le Havre) et vers Marseille-Fos.