Une ZAD contre l'extension du port de Nantes Saint-Nazaire

10/09/2020 Fanny André

Depuis une dizaine de jours, la route menant au site du Carnet où le port de Nantes-Saint-Nazaire envisage d'aménager un parc industriel est bloquée par des manifestants qui ont installé une ZAD pour protester contre le projet dédié aux énergies renouvelables.

Depuis une dizaine de jours, la route menant au site du Carnet où le port de Nantes-Saint-Nazaire envisage d'aménager un parc industriel est bloquée par des manifestants qui ont installé une ZAD pour protester contre le projet dédié aux énergies renouvelables.
"Ils vont remblayer l'intégralité des 110 hectares, ils vont tout détruire, la faune et la flore, les zones humides", s'inquiète Yoann Morice, qui a lancé il y a quelques mois le collectif "Stop Carnet" à l'origine d'un week-end de manifestation sur le site fin août. La superficie évoquée est celle sur laquelle le port prévoit le parc éco-technologique, incompatible, selon le collectif, avec la présence de "116 espèces protégées" ou encore les risques de submersion.
Le département de Loire-Atlantique a porté plainte pour dégradation de la route, des voitures de gendarmerie circulent dans les environs et la région Pays de la Loire a exigé le départ des occupants de cette "Zone à défendre". "On ne peut pas aujourd'hui tolérer qu'une nouvelle zone de non-droit s'installe dans la région, on ne va pas laisser des groupuscules extrémistes s'installer sur une propriété qui est privée", a déclaré mardi la présidente de région Christelle Morançais (LR), qui est aussi présidente du conseil de surveillance du port.

Projet de centrale abandonné

"Je ne veux pas qu'on revive les erreurs du passé. Ce qui s'est passé notamment sur Notre-Dame-des-Landes, ce n'est pas acceptable", a ajouté Christelle Morançais en référence au projet d'aéroport situé à une soixantaine de kilomètres du Carnet et abandonné en 2018. Évoquant "1.200 emplois directs" et "les énergies marines renouvelables", elle veut pouvoir "montrer l'écologie du concret" sur le site du Carnet.
Pour l'heure, aucune échéance ni projet précis n'ont été communiqués sur l'aménagement du site qui était initialement une île, par la suite remblayé et devenu le théâtre d'une lutte contre un projet de centrale nucléaire abandonné en 1997.
Selon Guy Bourlès, le président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) en Loire-Atlantique, son association "travaille avec le port depuis 10 ans sur un plan de gestion" du site du Carnet où 285 hectares – sur une surface totale de 395 hectares appartenant au port – doivent être préservés.
Avec France Nature Environnement et Bretagne Vivante, ils ont perdu des procès concernant un prototype d'éolienne et un port à sec qui ont depuis été construits et ils redoutent désormais "la poursuite des aménagements au coup par coup". C'est pourquoi ils estiment aujourd'hui qu'un "projet d'aménagement global est préférable à une multiplication de projets ponctuels en ce qu'il permet d'envisager la préservation durable d'une partie importante du site".
En revanche, pour les élus EELV des Pays de la Loire, "le projet du Carnet est l'exemple de ce qu'il ne faut pas faire". "Dans le contexte actuel de crise climatique et d'extinction de la biodiversité, il n'y a pas lieu de réaliser ces travaux", ont-ils fait valoir.
L'objectif de "Stop Carnet" est de laisser la nature reprendre ses droits au Carnet. Les opposants se sont fixé un prochain rendez-vous le 14 septembre pour manifester contre "celles et ceux qui bétonnent et polluent nos vies" lors du forum économique annuel de la CCI Nantes-Saint-Nazaire.