Une année en retrait pour les Ports de Mulhouse-Rhin

Le trafic a reculé de près de 10 % en 2018 pour les Ports de Mulhouse-Rhin, du fait des basses eaux et du blocage des flux de pièces automobiles vers l’Iran.

L’eau et Donald Trump ont conjugué leurs effets néfastes auprès des Ports de Mulhouse-Rhin (PMR) en 2018. La baisse de trafic de 9,7 % que l’établissement haut-rhinois a enregistrée résulte de deux facteurs principaux : d’une part, le niveau historiquement bas du Rhin, d’autre part le blocage du commerce avec l’Iran induit par les sanctions américaines. "Le premier a surtout agi sur le vrac, le second a très fortement ralenti l’activité de conteneurs au second semestre", explique Jacky Scheidecker, le directeur des PMR. En effet, les flux de marchandises en boîtes métalliques au départ du port de Mulhouse-Ottmarsheim comptent, parmi leurs piliers traditionnels, les pièces et sous-éléments automobiles de PSA préparées au centre logistique de Vesoul (Haute-Saône) à destination d’une usine d’assemblage en Iran. Cette activité a été mise en sommeil. En conséquence, les conteneurs fluviaux ont baissé l’an dernier de 20,8 % pour se situer à 26.000 EVP. En l’absence d’offre de conteneur ferroviaire, le routier a également reflué si bien qu’au total des modes, le conteneur a diminué de 18 %, à 63.260 EVP.

Les céréales à contre-courant

Dans le vrac, le tonnage total a été ramené à 4,375 millions de tonnes. Les principaux postes connaissent des diminutions en phase avec la moyenne générale : - 12,5 % pour les produits pétroliers qui ont terminé 2018 à un total de 1,07 million de tonnes, - 7,5 % pour les graviers (827.000 tonnes), - 9 % pour les produits chimiques (512.400 tonnes).

"Plusieurs trafics affichent leur dynamisme : bonne reprise pour l’acier ou les éoliennes"

La baisse est plus marquée pour les engrais (- 26 %, à 277.000 tonnes). Une fois stoppé l’effet des basses d’eaux toutefois, "plusieurs trafics affichent leur dynamisme : nous notons une bonne reprise pour l’acier ou les éoliennes par exemple", relève Jacky Scheidecker. L’an dernier, les céréales se sont distinguées par une évolution positive, de + 4 %, soit un total de 755.300 tonnes.

Recherche du nouvel exploitant

L’année 2019 est celle de la transition pour les PMR. L’établissement n’a pas programmé d’investissements importants, dans la mesure où ceux-ci ont vocation à être déclenchés par la nouvelle gouvernance qui sera mise en place l’an prochain, à l’échéance de la concession actuelle. Une Semop (Société d’économie mixte à objet unique) prendra alors l’exploitation, sous l’autorité du Syndicat mixte ouvert des PMR. Associant VNF, les collectivités locales et la CCI, celui-ci a lancé en début d’année la consultation des opérateurs privés pour susciter leur participation à la Semop. Suite aux réponses parvenues en avril, les négociations se  poursuivront dans l’année pour le montage final.