Véhicule industriel : retour à meilleure fortune

Avec une hausse supérieure à 7 % en 2018, le marché français des véhicules industriels de 5 tonnes et plus renoue avec ses meilleures performances. Tout en restant au-dessus des 50.000 unités, les immatriculations devraient toutefois fléchir en 2019 sous l’effet, notamment, d’une augmentation des délais de livraison.

En France comme en Europe, il aura fallu dix ans au marché du véhicule industriel pour retrouver ses niveaux d’avant crise. Au plan national, "tous ses segments tendent vers leur niveau 2008 voire les rejoignent", confirme Jean-Michel Mercier, directeur de l’Observatoire du véhicule industriel qui tenait sa réunion d’information annuelle le 8 janvier à Paris. Au final, le nombre des immatriculations neuves de plus de 5 tonnes s’établit à 54.300 en croissance de 7,7 %.

Jean-Michel Mercier, directeur de l’Observatoire du véhicule industriel de BNP Paribas Rental Solutions © OVI
Avec près de 30.000 unités, les tracteurs tirent leur épingle du jeu avec une progression de 10 % tandis que les porteurs, autour de 24.500 matériels, s’apprécient de 7 %. "Malgré les problématiques de recrutement des chauffeurs, le marché 2018 confirme la sortie de crise en même temps qu’un haut de cycle en s’appuyant sur des facteurs majoritairement positifs : fiabilité et performance énergétique des nouveaux modèles, développement des grandes flottes, amélioration des capacités d’investissement des transporteurs et renouvellement des premières générations Euro VI lancées dès 2014".

Allongement des délais de livraison

En dépit de ces facteurs positifs, l’OVI envisage une "baisse contenue" du marché en 2019 avec un total de 51.500 immatriculations (- 4,6 %). Comprenant 28.000 tracteurs (- 6,6 %), cette prévision tient compte "du reflux modéré mais logique de ce segment après une année 2018 de très haut niveau et quatre exercices consécutifs de hausse qui auront renouvelé sensiblement le parc". Ainsi plus de 93 % de la flotte française de plus de 5 tonnes est désormais Euro V et Euro VI. Du côté des porteurs, le potentiel de croissance devrait être perturbé par des délais de livraison en forte augmentation. "Le dynamisme du marché a provoqué un allongement des délais de livraison des véhicules qui s’établissent à 97 jours contre 84 jours en 2017 et 70 jours en 2016".

"Plus de 93 % du parc français de plus de 5 tonnes est Euro V et Euro VI"

Ces durées sont amplifiées dans le cas des porteurs nécessitant, en règle générale, des opérations de carrosserie. "Le délai de livraison d’un véhicule carrossé s’élève aujourd’hui à 143 jours, soit quatre mois et demi, alors qu’il n’était que de 99 jours il y a un an et de 57 jours en 2016". En 2019, l’OVI table sur l’immatriculation de 23.500 porteurs (- 2 %).

Le gaz confirme

Tirée par les véhicules de plus de 16 tonnes, la part des motorisations au gaz naturel a représenté 1,8 % des immatriculations recensées en 2018 et l’on dénombre 120 stations GNV sur le territoire. En 2019, près de 70 ouvertures de nouvelles stations GNV sont prévues. Davantage destinées aux circulations urbaines, les ventes de véhicules électriques se concentrent pour l’heure sur les utilitaires dans l’attente de nouveaux modèles dans des gammes plus lourdes.