Voie d’eau : lancement d’Entreprises fluviales de France

Présentée le 5 novembre à Paris, Entreprises fluviales de France est la nouvelle fédération professionnelle consacrée à la voie d’eau. Succédant à la Chambre nationale de la batellerie artisanale et au Comité des armateurs fluviaux, elle devra relever plusieurs défis pour unir la filière.

Avec la dissolution de la Chambre nationale de la batellerie artisanale le 1er juillet, ses membres se sont trouvés dépourvus d’organe de représentation. L’occasion de franchir une nouvelle étape dans l’intégration de la profession concrétisée le 1er novembre par la création de la fédération Entreprises fluviales de France (E2F).

Didier Léandri, président-délégué général d’Entreprises fluviales de France © Érick Demangeon
"À partir du Comité des armateurs fluviaux renommé et doté de nouveaux statuts et d’une nouvelle gouvernance, elle rassemble tous les acteurs du transport fluvial quelles que soient leur taille et leur activité : artisans bateliers, transporteurs de fret, de passagers et pour compte propre, croisiéristes, péniches hôtels…", présente son président-délégué général, Didier Léandri.

Fédérer la filière

Le premier défi de la jeune structure représentative du secteur au niveau national sera de convaincre les artisans bateliers d’y adhérer dans un délai contraint. En effet, l’État a confirmé en octobre sa volonté de réduire le nombre de branches professionnelles en France pour le ramener autour d’une centaine sous trois ans contre 750 aujourd’hui. Pour relever ce défi, "E2F sera au plus près des entreprises, des territoires et de ses bassins, et des acteurs de la filière". Organisé autour de trois collèges – artisans bateliers, armateurs fret et passagers – sa présence dans l’Hexagone sera assurée par cinq délégations régionales : Nord, Seine-Loire, Est-International, Rhône-Bourgogne et Ouest. S’ajoute une commission paritaire chargée des négociations sociales de la branche. L’une de ses missions sera d’ailleurs de fusionner les trois conventions collectives de la navigation intérieure pour conserver sa représentativité sociale dans le secteur. La création d’une convention collective unique est espérée d’ici la fin du premier semestre 2020.

Feuille de route

Un deuxième défi pour E2F sera d’accompagner la transition énergétique et écologique de la filière. La fédération entend pour cela s’inscrire dans la démarche des "Engagements pour la croissance verte" portée par la DGITM et l’Ademe. Dans ce cadre, elle ambitionne de créer un label  courant 2020 visant à reconnaître les entreprises engagées dans un développement durable suivi d’une charte d’engagements volontaires.

Pascal Girardet, président-directeur général de Sogestran, président du collège
Alors que la réalisation du canal Seine-Nord Europe semble actée avec des travaux censés débuter l’an prochain, E2F œuvrera également à mobiliser les fonds publics suffisants pour fiabiliser et moderniser le réseau navigable. Souhaitant participer à la mise en œuvre du prochain contrat d’objectifs entre Voies navigables de France et l’État, à très court terme, cette mission passera par la défense des intérêts fluviaux dans la loi d’orientation des mobilités (Lom) et le projet de loi de finances 2020 en cours d’examen au Parlement.
Attractivité des métiers, intégration portuaire sur l’axe Seine, concession du Rhône, simplification administrative, gestion des THC dans les ports maritimes ou reconnaissance de la voie d’eau dans les grands projets comme le Grand Paris et les JO 2024 sont d’autres dossiers sur la table d’E2F.

Un intérêt limité pour le projet d’interprofession

En plus de prendre le relai de la CNBA et du CAF, le lancement d’E2F met un terme aux activités de l’association Transporteurs fluviaux de France créée par la Chambre et le Comité en février 2013. Elle interpelle aussi sur l’utilité d’une interprofession fluviale voulue par l’État et dont les travaux de préfiguration ont été confiés au préfet François Philizot l’an passé. Un sujet jugé "non prioritaire" par le bureau d’E2F qui s’engage néanmoins à participer à ses réunions de travail.