Voies navigables de France modernise ses infrastructures du bassin de la Seine

22/09/2020 Natalie Castetz

Voies navigables de France (VNF) lance de grands chantiers sur le bassin de la Seine dont le trafic s'appuie sur les filières des matériaux de construction et de l’agroalimentaire. En plus de la modernisation des barrages et des écluses, les efforts porteront sur les innovations en faveur du report modal.

Sans la crise du coronavirus, "nous aurions poursuivi notre dynamique avec une croissance des trafics entre 10 et 15 % en 2020 par rapport à 2019", déplore Dominique Ritz. Cependant, le directeur territorial de Voies navigables de France (VNF) Bassin de la Seine reste optimiste et mise sur une relance de l'activité fluviale : "En 2020, nous devrions retrouver, voire légèrement dépasser, le même niveau qu'en 2018, soit quelque 22 millions de tonnes transportées".
Notamment grâce à la poursuite du transport des céréales et des produits agroalimentaires, l'évacuation des déchets, puis à la reprise des chantiers de travaux publics en Île-de-France : le Grand Paris Express, le RER Éole, le chantier de construction du village des athlètes pour les JO 2024.
Les mouvements sociaux de décembre 2019 et janvier 2020 suivis de la crise sanitaire ont "fortement affecté l'activité fluviale qui affiche une baisse d'environ 23 % en tonnes et 15 % en tonnes-kilomètres malgré l'augmentation du trafic céréalier de près de 14 % en tonnes de janvier à juin 2020".
Or, après une croissance de 5 % en 2018, l'année 2019 avait vu le transport fluvial de marchandises sur le bassin de la Seine poursuivre sa croissance, de l'ordre de 10 % par rapport à 2018, pour atteindre 23,7 millions de tonnes de marchandises transportées et 3,9 milliards en tonnes-kilomètres, dont 16,3 millions entre Paris et Le Havre. Si cette croissance entre 2018 et 2019 avait été portée par les matériaux de construction et l’agroalimentaire, le transport de marchandises par conteneurs, en revanche, avait déjà légèrement baissé : - 0,7 % avec 263.000 EVP transportés. "Un conteneur sur cinq voyage par voie fluviale, ce qui représente 20 % du transport conteneurisé entre l'Île-de-France et Le Havre", selon Dominique Ritz.

Un mode de transport écologiquement performant

"Nous constatons un intérêt croissant des entreprises et des collectivités pour ce mode de transport écologiquement performant qui assure la fiabilité des livraisons, se réjouit Dominique Ritz. La voie d'eau s'organise en effet pour être au cœur de la transition énergétique. Une dynamique se met en place !" Et de rappeler qu'en 2019 le trafic fluvial a représenté 270.000 tonnes de CO2 économisées et 1,2 million de trajets en camions évités, un convoi fluvial de 5.000 tonnes équivalant à 250 camions.

"Nous avons obtenu une augmentation de 200 millions d'euros de notre budget annuel"

L’utilisation de la voie d'eau dans la logistique urbaine intéresse : si dès 2012, Franprix était le seul à livrer ses magasins parisiens par voie fluviale depuis Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne), des expérimentations visent désormais à développer la livraison de marchandises en centre-ville. Des groupes comme Ikea, Lyreco ou encore Speed Distribution Logistique, testent l'accès fluvial au centre de Paris. Et VNF soutient ces initiatives : cela va de la mise en service d’une nouvelle génération de navire aux comme la barge catamaran "Zulu" de Blue Line Logistics (CFT) ou le bateau-entrepôt de Fludis, jusqu'à l'installation d'un téléphérique menant à des barges fluviales, à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine), par l'aménageur Citallios pour évacuer les déblais de chantier. Une soixantaine de projets ont été portés par VNF en 2019 dans le cadre du Plan d'aides au report modal (Parm) à destination des chargeurs et du Plan d'aides à la modernisation et à l’innovation de la flotte (Pami).
 
Chantiers importants

Des opérations plus lourdes sont financées par VNF afin de moderniser et de sécuriser les infrastructures fluviales. D'importants chantiers viennent également d'être lancés, cofinancés par l’Europe et les régions (Normandie, Île-de-France). Au programme : la rénovation du barrage de Poses dans l'Eure d'ici 2025 (40 millions d'euros) ou encore des écluses de Méricourt dans les Yvelines (92 millions d'euros) d'ici 2024.
Celles-ci accueillent plus de 250 navires par semaine, convois fluviaux et bateaux de croisière confondus. "Nous avons obtenu une augmentation de 200 millions d'euros de notre budget d’investissement annuel, se réjouit Dominique Ritz, dont la moitié environ sera dévolue au bassin de la Seine, un montant entériné par la Loi d'orientation sur les mobilités (LOM)". En supplément, la voie d'eau bénéficiera du récent plan de relance économique à hauteur de 100 millions d'euros par an.