Ziemex : des cuves géantes sur le Rhin

Ziemex, le fabricant alsacien de grosses pièces de chaudronnerie, privilégie la barge pour les pré-acheminer jusqu’au port d’Anvers mais aussi vers des clients terrestres, comme récemment la brasserie Heineken à Mons-en-Barœul, dans le Nord.

Ce fut de l’exceptionnel dans l’exceptionnel. Habitué des chargements de grande dimension, le chaudronnier Ziemex a fait plus fort que d’habitude ces dernières semaines, en livrant les plus grosses cuves brassicoles de son histoire : deux monstres de 7,5 mètres de diamètre et 20 mètres de haut, pour Heineken à Mons-en-Barœul (Nord). Parti par camion de l’usine de Sarre-Union (Bas-Rhin), le convoi tracteur et remorque de 40 mètres de long a rejoint le port de Lauterbourg et son portique dédié aux colis lourds, pour un transport par barge sur le Rhin et jusqu’à Tournai (Belgique) puis un post-acheminement qui a induit la traversée partielle de la métropole de Lille, de nuit. Pour l’entreprise de 124 salariés, l’opération incarne à la fois l’importance des brasseries dans son activité (elles représentent environ un tiers du chiffre d’affaires, situé à 25 millions d’euros en 2018) et la place prépondérante du combiné route-fluvial dans sa politique de transports, dès lors évidemment que la distance et la localisation de la destination finale justifient le recours à la voie d’eau. "Jusqu’à des équipements de 3,80 mètres de diamètre livrés en une seule pièce, la route demeure la solution la moins chère pour le pré-acheminement. Au-delà de cette dimension et en livraisons en kit pour remontage sur place, la barge l’emporte", décrit Marc Clauss, président de Ziemex. Cette analyse aboutit souvent à passer par Anvers pour livrer les nombreux clients d’Afrique… en l’absence de liaison à grand gabarit depuis l’Alsace vers Marseille, relève le dirigeant, qui compte parmi les déçus de l’abandon du Grand canal Rhin-Rhône.

Transporteur routier prestataire

La quasi-totalité des flux à l’oversea partent ainsi du port d’Anvers, à destination d’usines agroalimentaires, de sites chimiques et pétrochimiques et autres installations d’énergie un peu partout dans le monde. Particularité de Ziemex, le chargeur en confie l’organisation au transporteur routier de convoi exceptionnel, à charge pour celui-ci de trouver les opérateurs fluviaux et maritimes. Ce fonctionnement découle de l’importance du transport exceptionnel dans la prestation, "et également, historiquement, de celle de la gestion du post-acheminement routier à Anvers", au temps où les chargements directs à quai n’existaient pas, souligne Marc Clauss.

"Marc Clauss compte parmi les déçus de l’abandon du Grand canal Rhin-Rhône"

Au départ de Sarre-Union jusqu’à Lauterbourg, les flux doivent compter avec des routes qui ont longtemps donné des sueurs froides au tissu local riche de fabricants de pièces grandes et lourdes. Chaque projet de giratoire, rehausseur ou autre aménagement risquait de compromettre ce pré-acheminement. "La situation s’est améliorée ces dernières années", relève cependant Marc Clauss. Désormais, toute modification est soumise à un avis des services de l’État qui valident qu’elle ne pénalise pas le transport exceptionnel. Un rond-point doit par exemple être dimensionné pour garantir le passage de convoi.